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  • Le livre indispensable pour voyager au bon moment

    Où partir quand en Europe ? Cet ouvrage répond à cette question qui ne se limite pas à savoir à quel moment il neige sur les sommets alpins et quand est-ce qu'il fait chaud sur les plages grecques. C'est que, selon la période où l'on choisit de partir, il n'y a pas que le temps qui change.
    Prenons Saint-Moritz, en Suisse. En hiver, c'est une station extrêmement cossue réservée aux skieurs fortunés. Mais l'été, ses vastes prairies fleuries et ses lacs translucides sont accessibles à tous les voyageurs. L'Ecosse n'est sans doute pas la destination que vous mettrez en tête de liste pour vos vacances d'hiver. Mais c'est parce que vous ne connaissez pas encore le Hogmanay, cet incroyable déchaînement festif qui célèbre le Nouvel An. Les plages de l'Algarve en été peuvent ne pas être votre tasse de thé. Heureusement, elles sont propices au surf dès le mois de mars, période qui coïncide avec la floraison des amandiers dans cette région, la plus chaude du Portugal.

    Organisé mois par mois, ce livre superbement illustré propose 300 idées de voyage (25 pour chaque mois). Au début de chaque mois, le lecteur trouvera un graphique qui lui permettra de circuler au gré de ses envies. Un autre lui permettra de choisir sa destination selon les critères de prix et de participants au voyage. Enfin, toutes les grandes fêtes et les principaux festivals sont présentés.
    Les voyageurs qui sont en quête d'inspiration pour leurs prochaines vacances, n'auront ainsi qu'à se laisser séduire par les alléchantes suggestions du guide : culture à Vienne ou adrénaline sur les cours d'eau du Monténégro, baleines au large des Açores ou fêtes des vins en Hongrie.
    Quant à ceux qui ont déjà en tête la destination de leur rêve, ils trouveront le meilleur moment de l'année pour s'y rendre – la côte amalfitaine en mai avant l'arrivée des foules, la Laponie en février durant la période des auréoles boréales...

    L'Europe fourmille de bonnes adresses ; il reste à trouver des billets d'avion dont les prix se sont envolés... ou de grimper sur son 2 roues...

    Merci les 67 pour ce chouette cadeau, une vraie bible !


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  • Dans le journal l'Alsace

    Un Malgré-nous malgré lui qui, à 96 ans, tient à faire perdurer la mémoire des 103 000 Alsaciens et 31 000 Mosellans contraints par un décret du 25 août 1942, d’effectuer leur service militaire dans l’armée allemande.

    80 ans après, cette date résonne encore comme un coup de massue dans la mémoire de Louis Mutschler. Envoyés sur le front Russe, beaucoup ont fini au camp de Tambov et un tiers d’entre eux ne sont jamais revenus.

    Beaucoup ont gardé le silence pendant des dizaines d’années

    Il aura fallu attendre fin 1945 pour que les rescapés retrouvent leur terre natale. Le traumatisme face aux atrocités vécues étant tel que beaucoup ont gardé le silence pendant des dizaines d’années. Ce fut le cas de Louis Mutschler, qui depuis peu, a décidé de témoigner en posant ouvertement la question « Pourquoi nous a-t-on laissés à notre triste sort aussi longtemps ? ».

     

    80 ans après, Louis Mutschler témoigne en mémoire des incorporés de force

    Comme chaque 1er  novembre à Hindisheim, la commune rend hommage aux victimes et disparus des conflits passés. Cette année, dans le cadre du 80e anniversaire des incorporés de force de la Seconde Guerre mondiale, Louis Mutschler a témoigné.

    Témoignage

     
     
    Louis Mutschler, un ancien Malgré-nous, a témoigné de l’enfer vécu et a souhaité que cela ne se reproduise plus jamais.  Photo DNA

    Il se souvient de ce mois de janvier 1945 où il a été fait prisonnier par les Russes qui lui ont tout pris. Il a juste eu le temps de ramasser une photo de sa famille. Marchant avec de la neige jusqu’aux genoux et dans un froid glacial, il a été conduit avec ses compagnons d’infortune au camp de Wolkowisck.

    « Vers le 10e jour, on a dû se contenter d’une à deux tranches de pain sec »

    « Les 30 et 31 janvier étaient les deux jours des plus durs : beaucoup de prisonniers sont tombés dans la neige pour ne plus jamais se relever et ces morts remplissent la liste des disparus. Au camp, avec un camarade de Colmar, j’étais obligé d’apporter la soupe aux officiers allemands prisonniers comme nous. Au milieu d’une nuit, une grande fusillade éclata : c’était la nuit du 8 mai, la fin de la guerre. On nous a emmenés dans un camp de rassemblement pour être répartis. Le voyage devait durer une quinzaine de jours dans des wagons à bestiaux. Vers le 10e jour, on a dû se contenter d’une à deux tranches de pain sec, puis plus rien à se mettre sous la dent, uniquement un seau d’eau lors de nos arrêts en gare. Je me demande encore aujourd’hui comment je suis arrivé à faire les 5 km de la gare de Rada au camp 188. »

    « Étant reconnu apte au travail, je faisais partie du commando du bois qui sortait dans la forêt couper du bois avec des outils préhistoriques et ramener ce bois au camp pour la cuisine. En août, j’ai eu le typhus. J’ai survécu en pensant à ma chère maman. Je n’avais pas le droit d’abandonner la lutte car j’avais un devoir envers ma famille qui m’attendait. Le 29 octobre 1945, je suis rentré à la maison pour apprendre la plus mauvaise nouvelle : la mort de ma maman. Cette nouvelle a ruiné toute ma joie du retour de l’enfer de la guerre et de la captivité. Cette guerre a coûté la vie à environ 55 millions d’êtres humains, hommes, femmes et malheureusement des enfants. Je lance un appel aux générations futures de tout faire pour sauver la terre et pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus jamais ».

    Témoignage


    À la cérémonie du 1er novembre

    Les Hindisheimois sont venus nombreux, assister à la cérémonie durant laquelle un hommage a été rendu à deux compagnons de la Libération, Laure Diebold-Mutschler, secrétaire de Jean Moulin et Auguste Kirmann, né à Hindisheim, et dont une rue portera son nom. Les musiques patriotiques Le chant des partisans, la Marseillaise et L’hymne européen ont été interprétées par Musique Espérance Saint-Etienne.

    Deux enfants, Diego et Hugo, ont lu les noms des 50 personnes originaires de Hindisheim et décédées ou disparues lors des deux dernières guerres mondiales et lors de la guerre d’Algérie. Après le dépôt de gerbes par les sapeurs-pompiers et Pascal Nothisen, premier magistrat de la commune, puis par les anciens combattants, la cérémonie s’est terminée par l’interprétation de la chanson Il faudra leur dire de Francis Cabrel par les enfants et les chorales, comme un appel à la tolérance et à l’espoir.


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  • Un mois d'octobre fantastique (merci au réchauffement climatique) qui invite à voir notre région et celle de notre proche voisin, la Forêt Noire. Après La bibliothèque de sankt Peter, le Titisee et la ville de Freiburg, direction le Schwartzwald et sa route du coucou. La nouvelle journée démarre par l'Ecomusée de Gutach avec ses belles fermes.


    Le jour suivant, c'est direction Schiltach et ses magnifiques maisons à colombages. 

    De femme à chapeau à pompons (Bollenhut) comme celle-ci, ne comptez pas trop en voir, c'est un peu comme une alsacienne à nœud...introuvable. Es war einmal...

    A quelques minutes en voiture de Triberg, capitale allemande de l’horlogerie, et plus précisément à Schonach se trouve une fabuleuse curiosité, une horloge à coucou grandeur nature ! Du haut de ses 15 mètres, elle est devenue une véritable attraction touristique, on peut même entrer à l’intérieur afin de découvrir le mécanisme à la fois gigantesque et minutieux de l’horloge ! Cette dernière figure d’ailleurs dans le livre Guinness des records depuis 1984, et a été désignée la première plus grande horloge à coucou du monde en 2001 ! (depuis, plusieurs municipalités se disputent ce titre)

    Arrêt à St Georgen (ville de la marque Dual) pour la visite du musée du gramophone.
    En 1907 deux frères allemands, Josef et Christian Steidinger, fondent à Sankt Georgen en Forêt-Noire l'entreprise Gebrüder Steidinger, Fabrik für Feinmechanik ; Steidinger Frères, Mécanique de précision. En 1911 Christian Steidinger dirige seul avec quelques employés l'entreprise qui produira des composants de gramophone puis le mécanisme à ressort complet. Son nom actuel, Dual, vient d'une invention de l'ingénieur Emil Knecht commercialisée en 1927 ; un mécanisme dual d'entraînement du disque combinant un moteur électrique et un moteur à ressort. Ce dispositif permettait d'utiliser l'appareil n'importe où. Dans les années 1930 les gramophones entièrement électriques apparaîtront grâce à l'ingénieur Hermann Papst, préfigurant les futurs tourne-disques. Dual introduira également sur le marché des lecteurs de cassette audio et vidéo, des lecteurs de disque laser, des amplis et autres appareils Hi-Fi jusque dans les années 1990. 

    Le 1er réveil matin

    Et on finit à Furtwangen, au musée de l'horlogerie.


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  • Résumé :
    «C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.»
    Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.
     
    Un texte très fort, non pas pour des descriptions obscènes mais au contraire d'observations délicates, des liens entre détenus... il parle bien sûr de la faim, de la peur, du froid, de la maladie, de la mort mais avec une netteté de souvenirs sans amertume exacerbée ; une clairvoyance lavée et précise qui nous relate la vie dans ce camps plus méconnu que d'autres.
     
    Le portrait de Boris Pahor par Fabienne Issartel :

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    « Les mots ont le pouvoir qu’on leur donne »
     

    Pourquoi ce livre ?

    • Parce que ce roman, c’est l’histoire de Tristane. Fille de Nora et Florent, elle arrive au cœur de ce couple fusionnel. Elle n’a pas sa place, car dans l’amour que se portent ses parents, il n’y a pas de place pour aimer quelqu’un d’autre. Tristane se montre alors sage et discrète. Il n’est surtout pas question de se faire remarquer. Elle ne pleurera pas, comme on lui demande. Elle observe, écoute et apprends les mots. Les mots, c’est sa force à elle.
    • Parce que ce roman c’est l’histoire de Bobette, la sœur de Nora. Deux sœurs en totale opposition. Bobette a quatre enfants sans père, vit dans un HLM et admire Tristane, à l’instar de ses propres enfants qu’elle juge bêtes et sans intérêt. Tristane deviendra quelqu’un, elle est en sûre. Sa tante lui confiera même le rôle de marraine, pour sa cousine. Une mission que Tristane prendra très à cœur, une présence heureuse inespérée dans sa vie tourmentée.
    • Parce que ce roman, c’est l’histoire de Laetitia, la petite sœur de Tristane qui naît quelques années après elle. Pour cette dernière, c’est un torrent d’amour qui débarque dans sa vie. Elle va aimer sa sœur, tout faire pour elle, tout lui donner. Entre elles, c’est une évidence. Un amour fusionnel, passionnel.
    • Parce que ce roman, tantôt noir, tantôt joyeux, montre la force des liens qui peuvent unir deux sœurs. Mais pas seulement. On voit également comme des parents peuvent détruire des enfances, et faire perdre toute confiance en soi à des enfants. Ici on ne peut même pas reprocher aux parents de Tristane d’être mal aimants ou maltraitants. C’est juste l’absence totale d’amour et d’attention qui saute aux yeux. N’est-ce pas pire ?
    • Parce que ce roman, regroupe tout ce que l’on aime ou tout ce qui nous agace dans la plume d’Amélie Nothomb. Un humour un peu triste, des prénoms originaux (Tristane, ça lui va tellement bien quand on y pense), des situations un poil rocambolesques, l’utilisation d’un vocabulaire bien à elle, l’amour des mots et des lettres mis en avant, et des relations familiales toujours très torturées.
       

    L’intrigue. Le livre des sœurs, c’est l’histoire d’enfants, de filles, de femmes, de sœurs, de mères, de tantes, de cousines.

    Les personnages. Tristane, ses parents et sa sœur. Sa tante, sa cousine et cousins. Les amis d’école, les amoureux.

    Les lieux. La maison de famille. L’appartement de la tante.

    L’époque. Contemporaine.

    L’auteur. Doit-on encore présenter Amélie Nothomb ? C’est en 1992, alors âgée de 25 ans, qu’elle fait son entrée fracassante dans le monde des lettres avec son roman Hygiène de l’assassin. Elle enchaîne depuis les succès publics.

     


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  • Le mois d'octobre est le plus beau mois en Alsace, disons qu'il est le trio de tête. Durant quelques jours, une vague d'or recouvre les coteaux puis les forêts des Vosges. 

    Une des belles étapes se trouve à Turckheim.

     

    Avant d'arriver à Niedermorschwihr, reconnaissable à son clocher vrillé.

    En ce mois d'octobre, les vendanges sont terminées, seul le raisin des "vendanges tardives" profite de ces magnifiques journées.

    En suivant la véloroute du vignoble, on aperçoit les murailles de beaux châteaux. Le plus emblématique étant le Haut-Koenigsbourg.

     

    Celui de Kientzheim est très beau. 


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  • Marius Meyer, né en 1917, instituteur, est incorporé de force à la Wehrmacht en 1942. Soldat et « malgré-nous » mais avant tout père de famille dévoué, il deviendra une figure essentielle de la lutte contre le nazisme, à cheval entre la France et l'Allemagne.

     

    Personne ne peut imaginer la situation abracadabrantesque des Alsaciens au siècle dernier. Annexée, l'Alsace devient allemande et certains hommes se battront contre les Français en 14-18. Au conflit suivant, ces mêmes hommes porteront l'uniforme français puis l'allemand. Dans certaines familles le père aura porté l'uniforme français et ses fils l'habit feldgrau. Justement ici, nous suivons le journal précis de Marius né en 1917 qui a vécu ces changements. On le suit ainsi au fil des jours avec beaucoup de détails. Son entrée dans les études, dans sa formation d'instituteur puis son enrôlement. D'abord du côté français puis du côté allemand. Avec la progression du conflit, on le voit qui choisit clairement sa place. Il va chercher à s'opposer, à chercher des échappatoires, à résister contre cette armée qui enrôle vieillards et jeunes (mineurs à la fin 44). Un récit d'une grande précision.
    Un bel hommage d'un petit fils qui a mené cette enquête et a rapporté ces événements incroyables. A lire bien sûr. 

     


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  • Née avec le siècle dans un petit village des Hautes-Alpes, Émilie Carles est la seule, des six enfants de sa famille, à poursuivre ses études. Et à quel prix ! Pas question, chez ces paysans obligés de travailler d'arrache-pied pour survivre, de se passer d'une paire de bras valides. Les journées d'Émilie sont donc doubles : aux champs et à l'école. À seize ans, elle quitte sa vallée pour Paris, afin d'obtenir son diplôme d'institutrice. Monde nouveau, idées nouvelles. Revenue enseigner au pays, Émilie apprend à ses élèves la tolérance, le refus de la guerre et la fierté de leurs traditions paysannes...

    En 2022, personne ne peut réaliser la difficulté de vivre à la montagne un siècle plus tôt. Une vie dure, très dure. Emilie nous raconte sa vie dans les Hautes-Alpes....

     

     

     


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  • 11 septembre, la belle saison se termine, les troupeaux vont redescendre dans la vallée. A la ferme du Schiessroth au Gaschney, les vaches sont apprêtées ; les grosses cloches remplacent les cloches ordinaires et des décorations sont fixées entre les cornes. 

    Les cors des Alpes des Menschtertaler Alphorn Blöser et de l’Echo du Gaschney annoncent le prochain départ à la ferme.

    Un dernier coup de cor et c'est vraiment le départ ; le troupeau se met en route suivi par les nombreux randonneurs.

    Tout ce petit monde arrivera à Munster vers 16 heures sous un beau ciel d'azur.


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  • Malgré-nous : rencontre avec les trois derniers incorporés de force du village

    Charles, Auguste et Raymond sont originaires de Saint-Hippolyte. Ce sont les trois derniers incorporés de force du village encore vivants.

    Depuis le balcon de la maison d’Auguste Meyer, la vue est imprenable sur la Forêt-Noire. Le nonagénaire vit avec son épouse, Colette, à la sortie de Saint-Hippolyte, sur la route des vins. C’est chez eux que les deux autres compères, Raymond Muhr et Charles Thirion, se retrouvent régulièrement pour boire un verre, parler du temps qui passe et, quelquefois, se remémorer cette période sombre que fut la guerre et ses terribles conséquences pour les jeunes Alsaciens. « On est heureux d’être encore ensemble », livre Charles Thirion né, comme Auguste, en 1925. Raymond, le plus jeune de la bande, a un an de moins. Cet homme au regard bleu azur s’excuse de ne pas bien entendre. « Ma mémoire commence à flancher », dit de son côté Auguste qui, pourtant, jongle encore sans problème avec les dates et les chiffres. C’est lui qui véhicule la joyeuse troupe dans le village.

    Tant qu’il le peut, le trio participe aux cérémonies rendant hommage à ceux qui ne sont pas revenus. Ce fut le cas le 8 mai dernier quand l’association Snifam (solidarité normande avec les incorporés de force alsaciens et mosellans) a tenu son assemblée générale. Les trois anciens combattants se sont retrouvés devant le monument aux morts. « Après-guerre, on avait encore l’espoir de voir nos copains revenir, se rappelle Charles. Aujourd’hui, on pense encore à eux ». Saint-Hippolyte, village posé au pied du château du Haut-Koenigsbourg, a payé un lourd tribut à cette guerre. Plus d’une centaine d’habitants ont été enrôlés de force, près de trente ont été tués. La classe 25, celle d’Auguste et de Charles, a particulièrement été touchée avec huit décès.

     

    « Il jouait La Marseillaise à l’orgue ! »

    Eux sont revenus. Mais à quel prix. « On était des gosses à 18 ans ! » Des gamins qui avaient du courage. Charles par exemple. Comme les autres, il était passé devant le conseil de révision, antichambre du RAD (Reichsarbeitsdienst), à Ribeauvillé. « On est rentré à pied à Saint-Hippolyte. J’ai sifflé La Marseillaise. Malheureusement, le patron de la gendarmerie habitait une maison sur cette route et m’a entendu ». Il a payé son acte de résistance de quelques semaines de prison avant de voir sa date d’incorporation avancée.

    Des gestes suffisent à montrer son attachement pour la France. Une affiche de propagande allemande arrachée et jetée dans un cours d’eau ; des cailloux lancés contre des panneaux de signalisation. « On se demandait ce qu’on pouvait faire contre les Boches, dit Charles. Mais fallait faire attention car il y avait des familles germanophiles ». Auguste cite ce prêtre, l’abbé Bourgeois, patriote jusqu’au bout des ongles. « Il jouait La Marseillaise à l’orgue ! »

    Un colloque à Caen

    À l’initiative de l’Association des Amis du Mémorial de Caen et avec le concours de la Snifam aura lieu, les 27 et 28 septembre un colloque dédié à l’incorporation de force. Plusieurs intervenants (le professeur Jean-Laurent Vonau, les historiens Nicolas Mengus, Philippe Wilmouth, Alphonse Troestler, la journaliste Marie Goerg-Lieby, l’enseignant Eric Le Normand, le fondateur de la Snifam Jean Bézard, les chercheurs Joseph Tritz et Claude Herold, le président de l’Association des Orphelins de Pères Malgré-Nous d’Alsace Moselle Gérard Michel, le président de l’association des amis du Mémorial Alsace-Moselle et l’auteur et metteur en scène Igor Futterer) aborderont différents angles : le changement de souveraineté en Alsace, les modalités de l’incorporation, les Malgré-elles, la résistance des Malgré-nous, l’aide des Normands à l’évasion des incorporés de force, les veuves et orphelins, les arts dans la transmission de la mémoire, le procès de Bordeaux ou encore les recherches sur les disparus.

    « Après le massacre de Ballersdorf, on avait peur »

    Pouvaient-ils échapper à l’incorporation de force ? Raymond et Auguste avaient réalisé un repérage à vélo au col de Sainte-Marie-aux-Mines. « Les Allemands faisaient régner la terreur, insiste Auguste. Ils nous avaient prévenus des conséquences pour nos familles. Et puis après le massacre de Ballersdorf (*), on avait peur ». Cette peur constante, « qui peut comprendre cela aujourd’hui ? »

    Charles sera le premier à partir, en mai 1943. Il a embarqué dans un train à Colmar et a rejoint la Norvège. Puis, son unité, un régiment du génie, a été acheminée en Hongrie où il s’est retrouvé face à l’Armée rouge et ses orgues de Staline. « Le bruit était si impressionnant », se rappelle-t-il. Ses deux amis acquiescent. Tous ont été envoyés sur le front de l’Est. Raymond, comme beaucoup de la classe 26, a dû enfiler un uniforme de la Waffen SS et a été affecté à la 16e division Reichsführer SS. Lui aussi a combattu en Hongrie et se souvient d’affrontements violents autour du lac Balaton. « On était encerclés mais très bien équipés. On a pu s’en sortir ».

    Incorporé le jour de ses 18 ans

    Son unité a également subi les assauts des partisans italiens. « On ne voulait pas tomber aux mains des Russes car on savait qu’avec notre uniforme, c’était la mort assurée ».

    Auguste est le seul à avoir retranscrit son périple commencé le 30 octobre 1943, jour de ses 18 ans. Ce récit, il l’a distribué à sa famille pour qu’ils n’oublient pas ce qu’a pu vivre leur père, leur grand-père. Il a connu son baptême du feu en Pologne lors de combats durant lesquels un de ses amis, Charles originaire de Colmar, a eu le bras arraché. Durant une bonne année, il va partager le destin d’un autre incorporé de force, Polonais, avec lequel il gardera contact après 45. Auguste a failli y rester, ce jour de mars 1945 où un obus tiré par un canon antichar russe a explosé tout près de lui. « Un soldat allemand a eu les jambes déchiquetées et moi, à peine une égratignure sur la nuque ! »

    Auguste se souvient d’avoir croisé des volontaires Français de la division Charlemagne. « Dans mon unité, les soldats allemands ne voulaient plus combattre. C’était des camarades. On était dans le même pétrin ! » Six jours avant la fin de la guerre, le Haut-Rhinois et sa section sont faits prisonniers par les Américains près de Ludwigslust.

    De retour au village un 14 juillet

    Les trois garçons sont donc revenus sains et saufs. Charles se souvient de son père qui, agriculteur, « a tout laissé en plan dans son champ » et s’est jeté dans ses bras. « Il pleurait, il était si content ! » Passé par Paris, Auguste est arrivé en Alsace le 14 juillet. « Je voyais partout des drapeaux tricolores. Tout le monde pavoisait ». À la maison, sa mère l’embrasse, les larmes aux yeux. « Je suis allé de suite chercher notre drapeau que j’avais caché dans le grenier pour l’accrocher à la fenêtre ».

    Aujourd’hui, que réclament-ils ? « Que le sort des incorporés de force ne tombe pas dans l’oubli », répond Auguste qui rend hommage à ceux qui se battent pour faire connaître « ce crime contre l’Humanité ». « On espère qu’un jour, les manuels scolaires feront mention de ce crime ». Ce qui n’est pas le cas.

    (*) Du 17 au 24 février 1943, 18 Alsaciens réfractaires à l’incorporation de force sont fusillés par les Nazis. Leurs familles sont incarcérées à Schirmeck.

    Commémorations

    Ce jeudi 25 août, jour anniversaire des quatre-vingts ans de l’ordonnance concernant l’incorporation de force des Alsaciens, une cérémonie est prévue à 10 h 30, au Mont natio-nal, à Obernai.

    Ce samedi 27 août, le Mémorial Alsace-Moselle, à Schirmeck, organise de son côté, de 14 h à 21 h, une après-midi intitulée « Une lumière pour mon grand-père Malgré-nous ». Des lanternes seront allumées, on pourra découvrir une exposition sur l’incorporation de force en Europe, se faire dédicacer le livre Le retour du soldat malgré lui par Daniel Fischer et Sylvie de Mathuisieulx, voir le film In memoriam, de Benjamin Steinmann, et assister à des conférences de Bernard Linder et Claude Muller.

    SURFER Plus d’informations sur le site internet www.memorial-alsace-moselle.com 

    Bennwihr  Emportés malgré eux dans la tourmente

    Roger Eckert, à peine 17 ans, a dû quitter sa famille le 11 juillet 1944, appelé au service obligatoire, et rejoindre Leipzig où il a suivi une instruction au maniement du fusil de guerre K 98 puisqu’il devait obligatoirement faire l’objet d’une incorporation de force dès son retour.

    Dénoncé par des voisins

    Renvoyé dans ses foyers en novembre 1944, il a reçu l’ordre de se présenter au Wehrbezirkskommando à Colmar pour son incorporation. Sur les conseils de son père, il a décidé de ne pas donner suite à cette convocation en se cachant.

    Dénoncé par des voisins comme déserteur de la Wehrmacht il fut recherché par la Gestapo, à laquelle il put échapper en utilisant de multiples cachettes. Il n’a rejoint Colmar qu’après la Libération.

     

    Armistice en Suisse

    François Nussbaumer, à l’âge de 16 ans, passa un premier conseil de révision et fut classé ajourné temporaire. Le 6 janvier 1945, une patrouille allemande lui remit son ordre de mobilisation auquel il fut contraint d’obtempérer sur-le-champ.

    Après un nouveau conseil de révision, son unité fut présentée à un commandant à Neuf-Brisach avant d’être acheminée à Kollnau près de Waldkirch dans la 19e Armée Allemande où il fut affecté à la compagnie de réparation des véhicules endommagés.

    Son périple sous l’uniforme allemand l’a mené à Constance, à Friedrichshafen, à Garmisch-Partenkirschen, en Autriche et enfin à Imst et Landeck avant de passer par la Suisse où le 8 mai 1945, les cloches ont sonné l’Armistice.

    Enfin, après quelques jours passés en Suisse, un convoi composé de prisonniers de guerre, de STO et de Belges l’a ramené à Annemasse avant de rejoindre Colmar le 17 mai de cette même année.


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  • Cette année, la sortie vélo était prévue le long du canal de Bourgogne. Le départ se faisant à Dijon, là où notre dernier tour s'était arrêté.

    Le canal est charmant en Côte d'Or. Parfois il est souterrain !

    Première étape : Semur en Auxois ; 94 km et 5 heures de route avec une terrible pente à l'arrivée (320 mètres de dénivelé au total). La cité médiévale est charmante.

    Le canal connait une belle activité en Côte d'Or avec de nombreuses péniches de luxe mais celle-ci diminue très vite dans l'Yonne et le canal n'est plus qu'un surface verte remplie d'algues où les poissons flottent ventre à l'air...

    Seconde journée beaucoup de montées encore pour atteindre Flavigny, classé parmi les plus beaux villages de France (mais qui ne le mérite pas) ; des bagnoles partout, un entretien minimaliste ; bof, bof ! Heureusement la fabrique de bonbons est une chouette visite avec son musée et son jardin et mérite le détour.

    Cette seconde étape fait 102 km et 390 mètre de dénivelés positif ; durée 5 heures 20.

    La ville de Tonnerre est tout aussi décevante. De nombreuses maisons sont vides ou dans un état d'abandon.

    La journée 3, commence par la pluie ; longue attente sous un toit percé dans une gargote d'écluse entre chèvres et chien. Mais ça s'arrange et nous roulons à nouveau sous le soleil l'après-midi. Pas de souci mécanique cette année, ni crevaison ni avarie mécanique... Nous arrivons dans la charmante ville d'Auxerre. 

    Jour 4 : nous repartons, direction Tonnerre encore une fois mais par Chablis pour rejoindre la gare et attraper notre TER qui nous ramènera à Dijon. Ce matin sera encore émaillé de nombreuses montées (40km 480m de dénivelé positif 2h20).

    Chablis


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  • Fin avril, début mai, voilà le moment idéal pour visiter Amsterdam. En premier lieu parce les tulipes sont en fleur.

    On flâne en ville, on entre dans les belles boutiques (on ne parlera pas ici du goût du fromage).

    Sur les quais, on goûte aux harengs frits (avec beaucoup de sauce, c'est mieux).

    Parfois il faudra se poser et prendre une bière pour reposer les pieds.

    Pas de queue aux musées grâce à la mise en place des billets en ligne. On commence par le Van Gogh en arrivant ; Le Rijkmuseum le lendemain ; Le Moco un peu plus tard et enfin le NDSM pour finir.

    Des canaux et des ponts avec des vélos de toutes sortes ; une ville très agréable (on apprécie le calme) !

    Jour 3 : direction les jardins de Keukenhof en métro et bus (avec une mise en place efficace : le bus attend à la sortie du métro et vous amène dans le jardin).

    Jour 4 : direction les petits villages de pêcheurs. Un billet de transport à la journée est très économique. On démarre par Edam en train. Le plus connu des 3 villages est pourtant le moins touristique à ce moment là. Les 2 autres attirent parce qu'ils ont un argument, la mer ...

     On reprend le bus pour les 2 autres villages.

    On finit la journée par Marken.

     

    Jour 5 : après le MOCO, direction les îles de Java et de Bornéo (voir l'architecture de ces zones portuaires passées en zones d'habitation) avant de prendre le bac (gratuit) vers les hangars du NDSM, haut lieu du street-art. Un site incroyable,  j'adore. Le fait d'arriver en bateau ajoute un peu de magie au voyage.

    Jour 6 : départ en train puis métro et bus pour les moulins de Kinderdijk (UNESCO, Marie !). C'est assez loin mais les transports sont nombreux, pas d'attente entre 2 modes différents. Dans la plupart des bus et métros on trouve un préposé qui vend des tickets ou fournit des informations, donc aucune difficulté pour trouver son chemin. En plus les Hollandais sont d'une amabilité incroyable.

    Jour 7 : balades le long des canaux en centre ville.

     


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  • En cette fin mars, le soleil a montré le bout de son nez. Le tour du lac de Constance (Bodensee) en voiture cette fois, avant la grande foule, est une bonne idée.

    On démarre par Reichenau, petite île plantée de vignes et de pommiers.

    Ce sera deux nuits à Constance sous l'œil de l'Imperia !

    Ensuite direction Stein-am-Rhein au bord du "petit lac" ou Untersee. Ici, nous sommes en Suisse.

    Et on arrive aux fameuses chutes du Rhin. 

    Les chutes du Rhin sont des chutes d'eau situées entre Neuhausen am Rheinfall (rive droite) et Flurlingen (rive gauche) en Suisse en aval de Schaffhouse. Elles sont classées parmi les plus grandes d'Europe, les plus grandes en volume d'eau déversé.

    Entre le lac de Constance et Bâle, là où le Rhin forme la frontière entre la Suisse et le land de Bade-Wurtemberg, le lit du fleuve s'est creusé dans les roches calcaires du Jura formant des rapides et des chutes.

    Sur le lac, on ne peut faire l'impasse d'une visite sur une autre île, celle de Mainau. 

    Le doux climat du lac de Constance est très propice au développement de palmiers et d'autres plantes méditerranéennes qui composent le parc du château et les jardins de l'île. En raison de cette richesse en plantes tropicales, l'île de Mainau est également appelée « l'île aux fleurs du lac de Constance » (die Blumeninsel im Bodensee). Le comte Lennart Bernadotte (propriétaire de l'île), disparu en 2004, aimait l'appeler « le bateau de fleurs » (Blumenschiff).

    Jour 3, on prend la route pour Lindau après un petit arrêt à Uberlingen.

    Sur le port, on apprécie la douceur et la vue sur les Alpes bavaroises.

    Arrivée à Bregenz, en Autriche cette fois pour 2 nuits.

    L'Opéra de plein air...

    Un petit arrêt à Altenrhein à la halle du marché conçue et élaborée par Friedensreich Hundertwasser. Les dômes en oignon doré, les couleurs vives, les lignes courbes, les fenêtres asymétriques, les sols inégaux, les allées ombragées et les jardins sur le toit sont les caractéristiques de l’architecture Hundertwasser. Dans sa conception, il voulait éliminer tout égalitarisme, stérilité et anonymat.

    Le lendemain, montée (en voiture cette fois !) jusqu'à Saint Gall en Suisse pour voir la belle bibliothèque et la vieille ville.

    Ca y est, c'est déjà le retour ; on reprend la même route : Autriche puis Allemagne. Encore 2 arrêts à Fridrichshafen et à Meersburg.


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