• Lectures suite

    C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise.
    Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu’il s’appelle ainsi.
    Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort.
    Le pays s’éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l’horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

    « Vous êtes une sorte de médecin, n'est-ce pas ? — Pas vraiment..., murmura l'Enquêteur. — Allez, ne soyez pas si modeste ! » reprit le Responsable [...]. « Rappelez-moi le but exact de votre visite ? — À vrai dire, ce n'est pas vraiment une visite. Je dois enquêter sur les suicides qui ont touché l'Entreprise. — Les suicides ? Première nouvelle... On me les aura sans doute cachés. Mes collaborateurs savent qu'il ne faut pas me contrarier. Des suicides, pensez donc, si j'avais été au courant, Dieu seul sait ce que j'aurais pu faire ! Des suicides ? » Ph. Cl.

    Grâce à ce petit livre subtil, Philippe Claudel nous montre à quel point la fiction peut saisir le réel. Fascinant. François Busnel, L’Express.

    Récit d’une longue marche vers le néant, interrogation sur le sens de la vie et cri d’alarme, cette « Enquête » bien menée fascine, où Philippe Claudel se situe du côté de Kafka et d’Aldous Huxley. Marie-Françoise Leclère, Le Point.

    Roman étrange, le seul de Claudel que je n'ai pas aimé...

    Un homme tire un énorme paquet auquel il semble tenir plus que tout. Que renferme-t-il donc ? Le corps de sa femme qu'il aurait assassinée ? Les seuls biens qui lui restent ? Ses souvenirs, ses rêves, ses joies ? Les débris d'une vie ? Nos lâchetés, nos abandons, nos laideurs ? Tous nos maux et nos mots impuissants ? Lorsque le monde s'effondre, la question n'est pas de savoir ce que l'on sauve, mais ce dont on ne peut se débarrasser.

    Un tout petit ballot ficelé par un auteur de talent qui sait en dire long sans jamais peser. Laurence Haloche, Le Figaro magazine.

          

    Pasteur, Gérard Janus est inspecteur ecclésiastique au sein des églises luthériennes d'Alsace. Né en 1964, il est originaire de Mackwiller, un petit village d'Alsace Bossue. Son récit a commencé comme une quête familiale ; son père, Werner, son grand-père paternel, Georges, qui a subi l'épuration nazie?¦ Assez rapidement, de découverte en découverte, ce récit en a croisé un autre : l'histoire « qui ne passe pas », selon l'expression des historiens allemands. Et les secrets bien gardés de l'Église luthérienne d'Alsace lors de l'Annexion. Aujourd'hui, en pasteur mais aussi simplement en homme, Gérard Janus livre les découvertes qu'il a extraites de la demeure du silence. Ses révélations, livrées sans volonté de nuire, nourriront tous ceux qui souhaitent élucider ce passé et apaiser l'avenir.

    A écouter en alsacien, ici

    sur Rund um aussi

    et à la librairie Kléber :

     

    et sur campus protestant :

     

    Les 3 conflits ont ballotés les alsaciens d'une nationalité à l'autre. leur cœur et leur foie ont été secoués. Mais dans cette affaire, les églises ont joué un rôle, méconnu jusqu'ici.

    "Faut-il tout dire ?" est l'autre problématique que pose le pasteur. Pas sûr...

    « Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre. »

    Sous la forme d’un conte, Amélie Nothomb raconte la vie de Patrick, son père, doux enfant angélique qui, jeune adulte, devra se confronter à la mort.
    Un magnifique hommage à la figure paternelle mais aussi à un héros de l’ombre, diplomate à la carrière hors norme.

    On ne choisit pas sa famille, c'est bien connu. Les Nothomb forment une clique un peu saugrenue. 

    Comme toujours, l'histoire est bien enlevée (plus que d'habitude ?)

    (je remarque que les histoires de "pères" sont nombreuses...)

    " Alexandra Koszelyk s'empare de la grande histoire pour raconter avec délicatesse une déchirure et une quête intime. "

    Le Point

    Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents qui s'aiment. C'est alors que l'incendie de la centrale nucléaire vient bouleverser leur destin. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu'Ivan est mort. Ivan, lui, ne peut s'éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena grandit loin de son pays et s'efforce d'oublier. Un jour pourtant elle part retrouver ce qu'elle a quitté vingt ans plus tôt.

    Finaliste du prix Stanislas.

    Sélection Jeunes Talents 2019 des librairies Cultura.

    Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien. 

     

    Très "fleur bleue" mais l'écriture est agréable.

       

    «J'écris des romans pour raconter des histoires. Depuis longtemps, j'en avais une qui me courait dans la tête et qui se déroulait dans l'Allemagne nazie du siècle dernier, en Bavière. Une histoire d'amour, d'amitié. Malgré toutes mes lectures sur la période hitlérienne, je n'ai jamais réussi à comprendre pourquoi tant d'Allemands "bien", respectables, avaient pris à la légère la montée du nazisme tandis que les Juifs tardaient étrangement à fuir. Par quelle aberration, à cause de quelles complaisances, quelles lâchetés, le nazisme fut-il possible ? Qu'était-il arrivé à ce grand pays de musiciens, de philosophes et de poètes ? Ces questions-là n'ont jamais cessé de me hanter. Je crois que l'histoire d'Élie, Elsa, Lila, Karl et les autres apporte quelques clés. Après tout, il n'y a que les fous pour tenter de répondre à ce genre de questions, les fous ou les personnages de roman.» Franz-Olivier Giesbert.

    Il s'en faut d'un petit rien pour changer l'histoire. Il suffirait de.... avec des si...

    Ce roman alerte avec une bonne écriture vous emmène du début à la fin du nazisme. On est interloqués par la succession des événements ...

    3 questions à Philippe Claudel 

    Le fils, c'est André. La mère, c'est Gabrielle. Le père est inconnu. André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille. Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils sonde le cœur d'une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences. Avec ce nouveau roman, Marie-Hélène Lafon confirme la place si particulière qu'elle occupe aujourd'hui dans le paysage littéraire français.

    Comme dans "Quelques-uns des 100 regrets" de Claudel, André ne connaît pas son père. Quand il l'apprendra, il partira à sa recherche, un peu, seulement sans aucun zèle. 

     

    Viens donc Jules, disait au bout d’un moment un buveur raisonnable, ne réveille pas les morts, ils ont bien trop de choses à faire, sers-nous donc une tournée…Et Grand-père quittait son piédestal, un peu tremblant, emporté sans doute par le souvenir de cette femme qu’il avait si peu connue, si peu étreinte, et dont la photographie jaunissait au-dessus d’un globe de verre enfermant une natte de cheveux tressés qui avaient été les siens, et quelques pétales de roses à demi tombés en poussière. Il saisissait une bouteille, prenait son vieux torchon à carreaux écossais et, lent comme une peine jamais surmontée, allait remplir les verres des clients.

    Absolument magnifique !

    On continue avec des portraits de gens ordinaires de la province. L'attachement d'un grand-père à son petit-fils coupé par une administration aveugle. Déchirements.

    Une île sur laquelle une petite communauté vit de la pêche, de la vigne, des oliviers et des câpriers, à l’écart du fracas du monde. Jusqu’au jour où trois cadavres s’échouent sur ses rives. Que faire d’eux ? Bousculés dans leur tranquillité, les habitants se trouvent alors face à des choix qui révèlent leur petitesse, leur humanité ou leur égoïsme. Roman policier tout autant que conte philosophique, L’Archipel du chien s’inscrit dans la veine des Âmes grises et du Rapport de Brodeck.

     

    L’Ardenne, ses brumes, ses forêts, sa lenteur. Les cités endormies dans les boucles de la Meuse s’enfoncent dans le temps, entre mystères et légendes. C’est dans une de ces villes, Feil, que le narrateur, fils de putain, grand amateur de Baudelaire et de Nerval, va tenter d’oublier Paule qui vient de mourir dans la splendeur de ses trente ans.
    En 1999, Philippe Claudel avec ce premier roman fait son entrée remarquée en littérature. Chant d’amour, célébration de la femme, de la sensualité, de la mémoire et de la poésie, Meuse l’oubli est aussi un hommage aux gens de peu, aux existences modestes et aux paysages qui sont les reflets de nos âmes. 

    "Puis l'alcool a ouvert son bal, dans les heures de la nuit où se mêlent à nos vies et à leurs reflets, les rêves et les faux souvenirs, les détours jamais empruntés d'existences mélancoliques."

    Roman à l'écriture éminemment poétique où le narrateur tente de revivre les moments avec sa Paule trop jeune et trop tôt partie. Le temps fait son œuvre lentement mais y a-t-il possibilité d'une guérison ? On suit ses pas et l'on craint que chaque jour il ne verse du mauvais côté...  

     

       

    L'histoire vraie d'un homme et d'une femme qui ont trouvé l'amour au coeur de l'enfer. Sous un ciel de plomb, des prisonniers défilent à l'entrée du camp d'Auschwitz. Bientôt, ils ne seront plus que des numéros tatoués sur le bras. C'est Lale, un déporté, qui est chargé de cette sinistre tâche. Il travaille le regard rivé au sol pour éviter de voir la douleur dans les yeux de ceux qu'il marque à jamais. Un jour, pourtant, il lève les yeux sur Gita, et la jeune femme devient sa lumière dans ce monde d'une noirceur infinie. Ils savent d'emblée qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Dans cette prison où l'on se bat pour un morceau de pain et pour sauver sa vie, il n'y a pas de place pour l'amour. Ils doivent se contenter de minuscules moments de joie, qui leur font oublier le cauchemar du quotidien. Mais Lale fait une promesse à Gita : un jour, ils seront libres et heureux de vivre ensemble.

    Une histoire incroyable, vraiment. Il est Impossible de refermer le livre avant la dernière page. La vie de Lale semble juste un peu surnaturelle dans cet enfer…  Dommage que le texte soit si peu élaboré (voire médiocre) (la faute à la traduction ?) 

    « Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s’étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu’ils soufflaient l’air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s’effilocher. On n’entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé.
    « C’est peut-être enfin la paix… hasarda Grosspeil.
    – La paix mon os !» lui lança son collègue qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette. »

    Toujours un climat étrange dans les campagnes de Claudel, et des personnages insolites. Une très belle écriture, subtile. Ce n'est pas seulement l'histoire d'un meurtre mais de l'amour de 3 femmes qui ont un point commun, une issue malheureuse. Claudel plante encore le décor de ces histoires au bord des combats de la 1ère guerre mondiale... 

    C’est d’abord l’histoire de Firmin, un tourneur sur bois, qui a perdu ses deux bras dans les tranchées. Puis celle de Jacques qui, à la vue d’un pantin de bois,  se rappelle le moment où, dans un train à destination des camps de la mort, il a été arraché à ses parents.

    A nouveau les guerres en arrière plan et leur conséquences. Claudel utilise ces 2 périodes (1 et 2d conflit mondiaux) avec "bonheur". 

    Sa biographie 

    Ames grises ; extrait :...ça, c'est la grande connerie des hommes, on se dit toujours qu'on a le temps, qu'on pourra faire cela le lendemain, trois jours plus tard, l'an prochain, deux heures après. Et puis tout meurt. On se retrouve à suivre des cercueils, ce qui n'est pas aisé pour la conversation.

       

    " Elle portait des cheveux un peu plus longs que par le passé. Sa blondeur s'était mêlée d'argent. Son visage gardait la beauté simple qui en était la marque. A peine les rides l'avaient-elles tissé d'un mince réseau de blessures. Le temps s'était déposé en elle, avec sa fatigue et son poids, comme une poussière. Etaient-ce les années vécues sans la voir qui me faisaient la croire plus jeune qu'elle n'était en vérité ? " A la mort de sa mère, le narrateur revient sur les lieux de son enfance, dans une petite ville du Nord inondée par la crue d'une rivière. Durant les trois jours qu'il passera là surgissent les figures disparues, celle de la mère bien sûr, jadis aimée plus que tout, et celle plus inquiétante du père absent dont la légende dit qu'il est mort dans une guerre lointaine. Roman poignant où, par petites touches, Philippe Claudel explore l'amour filial avec une extrême délicatesse et une surprenante réserve.

    Très belle écriture. De courts portraits singuliers. Enfin la question qui se pose : faut-il savoir ? D'où cet épilogue inattendu. 

     Philippe Claudel cite en exergue le si réaliste Thomas Bernhardt : « L’Allemagne a une haleine de gouffre. » Terrible formule qui trouve sa réalisation dans ce roman décomposé où les personnages reviennent, comme dans une ronde que même la mort ne peut interrompre. Un soldat (un déserteur ? un rescapé ?) croit trouver refuge et trouve la fin. Un homme âgé ressasse un passé qui n’en finit pas, et l’on apprend qu’il est le père de Viktor. Qui est Viktor ? Un soldat ou un salaud, ou les deux ? Une fille mal dégrossie, cruelle, maltraite le pensionnaire d’un hospice, mais qui est le plus cruel d’entre eux, puisque l’homme si paisible chantonne à son heure des marches nazies ? Le peintre expressionniste allemand Franz Marc est-il mort à Verdun en 1916 ou au contraire au cours de l’Aktion qui élimina les handicapés physiques et mentaux ? Qu’est-ce que la petite (« die Kleine ») va faire du cadavre carbonisé couché en gisant dans l’usine où elle s’égare et joue ?

    Des points communs avec les livres de Michel Tournier ; l'Allemagne et les récits, les aventures. Ces différentes histoires qui se déroulent à la fin du 2d conflit mondial sont peut-être liées, sont proches de la réalité ou ont existé vraiment mais sont habillées par cette belle écriture (alors que la noirceur et la mort sont partout). On relit quand même 2 fois chaque page...

    Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su
    ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses […]. » 

    Dans ce village, il suffit de peu pour que tout bascule. On se débarrasse des étrangers (les juifs) et on égorge celui qui est différent. Comment vivre alors avec ces hommes ?   

    Récit de la vie, des peurs et des espoirs d'une jeune Alsacienne en 1944-1945. A Hatten (Bas-Rhin), plus précisément à la maison forestière de la Rothsmatt, la nombreuse famille du garde-forestier Heyoppe subit la brutalité de la guerre. L'auteur âgée de 20 ans à l'époque nous livre l'incroyable récit de "son opération Nordwind'. Loin d'être un méticuleux rapport des opérations militaires, ce livre rapporte au jour le jour, sans fard, ni sensiblerie le combat acharné et poignant d'une famille pour survivre au milieu de l'enfer.

    Les récits de civils sont rares, très rares même. Aussi le témoignage de Marguerite mérite une attention toute particulière.
    La situation de 2 femmes et 10 enfants "débarqués" dans ce village (non nommé, vous verrez pourquoi) juste derrière la ligne de front sans vivres, ni logement, ni vêtements...Les gentils ne sont pas forcément ceux que l'on croit. On voit surtout l'abject comportement de certains et l'humanité des autres qui vivent pourtant la bataille la plus terrible du conflit. 
     
    Merci Gene. Elle me signale que Marguerite va fêter ses 97 ans le 10 juin 21. Dans la presse
    A écouter en alsacien, ici 

    Pour le lire en ligne ici

    " Nous tenons entre nos mains un témoignage historique absolument unique. " Fritz J. Raddatz, essayiste et journaliste Publié en 1947 en Allemagne, vendu à plus de 100 000 exemplaires, Berlin finale est l'un des premiers best-sellers post-Seconde Guerre mondiale. Une œuvre passionnante, haletante, audacieuse, qui a su, alors que l'Europe se relevait à peine de la guerre, décrire dans toute sa complexité le rapport des Berlinois au nazisme. Jusqu'alors inédit en France, un roman-reportage brillant qui nous raconte, à travers les destins d'une poignée de résistants, les derniers jours de Berlin avant sa chute. Un texte majeur, un Vintage événement. " Berlin finale est une incroyable redécouverte, à la hauteur du roman de Hans Fallada Seul dans Berlin... Très peu de livres restituent d'une manière aussi cauchemardesque et intense l'enfer qu'a été la fin de la Seconde Guerre mondiale. " Frankfurter Allgemeine Zeitung

     

    Nous suivons une poignée d'hommes dans les rues de Berlin durant les derniers jours du 3e reich. Très peu sont capables d'analyser la situation, d'imaginer la suite des événements , de se remettre en cause, de changer. Comment le pourraient-ils ? Nourris durant des années à la logique nazie... Nous suivons avec précisions (qq 880 pages) les réflexions de chacun. Nous comprenons ainsi que les réflexes et les automatismes sont toujours là. Le respect à l'uniforme, même s'il ses ordres sont incohérents, inhumains ; la loyauté aux dirigeants même si leurs discours ne sont que mensonges ; la répulsion face à  l'ennemi (le russe est un bolchévique). Chacun réagit comme on lui a appris,; il ne saurait y avoir ni de lâches ni de déserteurs. Seul quelques hommes sont conscients de la grande détresse des habitants de Berlin et de la nécessité de tout arrêter, tout de suite, que la résistance ne fait que des victimes inutiles.  

    Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, alors qu'elle cherche un nouveau sujet d'article, Juliet Ashton reçoit une lettre qui va changer sa vie. Un certain Downsey, habitant de Guernesey, une île anglo-normande dont elle ne sait rien, lui écrit à propos de son écrivain préféré. S'ensuit une correspondance entre eux, mais aussi avec d'autres personnes vivant sur l’île.

    Mary Ann Shaffer, utilise la forme épistolaire pour nous faire découvrir Guernesey et ses habitants mais pas seulement. C'est formidable de constater que l'autrice parvient à traiter tout ça sur un ton léger et plein d'humour. Il est question de la guerre bien sûr, de ces dégâts parfois même insoupçonnés mais aussi de livres. La romancière autrefois éditrice, bibliothécaire puis libraire nous fait partager (par le biais de Juliet) son amour pour les livres et nous montre aussi comment la littérature peut nous aider dans des moments difficiles.

    Ces échanges épistolaires sont dynamiques et légers malgré la gravité de la situation.
    Le rôle du livre est redéfini ; il n'est plus le plaisir solitaire mais devient le nouveau lien entre les habitants. Le plaisir de partager prend le dessus. Chacun apprend à argumenter et à défendre l'intérêt d'un livre.

     

     

     

    Je n’ai été ni privé, ni battu, ni abusé. Mais très jeune, j’ai compris que quelque chose n’allait pas, très tôt j’ai voulu partir, et d’ailleurs très tôt je suis parti.  Mon père, mon beau-père sont morts, ma mère  est folle. Ils ne liront pas ce livre, et je me sens le droit de l’écrire enfin. Cette étrange famille, j’espère la raconter sans colère, la décrire sans me plaindre,  je voudrais même en faire rire, sans regrets. Les enfants n’ont parfois que le choix de la fuite, et doivent souvent à leur évasion, au risque de la fragilité, d’aimer plus encore la vie.

    Tynn : Honore ton père et ta mère..."
    (Exode chap. 20, verset 12)
    Parfois fort difficile: Hervé Le Tellier dit avoir une estime modérée pour sa famille, élargie et recomposée.
    Et l'auteur, en généalogiste familial, navigue à vue dans ses souvenirs, entre mensonges,   maquillages de vérités pas bonnes à dire et interprétations. Il fait un traitement ironique et souvent cocasse des personnages et événements familiaux, avec la dent dure et la plume acérée (la palme revenant à la mère de famille!).
    Ici, pas de secrets importants mais des tiraillements minables et aigris entre membres d'une même tribu: jalousies, rivalités, rancœurs, non-dits, manque d'empathie, de générosité, et d'amour.... Un récit bien enlevé. 

    L'homme est un lion pour l'homme. Et les lions ne s'embarrassent pas de délicatesse. Sûrs de leur bon droit, ils imposent leurs vues sans conscience de leur égocentrisme et de leur appétit excessif pour les rapports de force. Ces lions, nous les croisons tous les jours : automobiliste enragé, conjoint gentiment dénigrant, chef imbu de pouvoir, mère intransigeante qui sait mieux que nous ce qui est bon pour nous... C'est ce que Romane appelle : la "burnerie". Trentenaire passionnée et engagée, Romane accompagne ces félins mal embouchés vers davantage d'humanité. Elle a créé une société qui leur propose un programme unique en son genre, relooking intégral de posture et de mentalité. Parmi ses nouveaux participants figurent de beaux spécimens. Surtout un : Maximilien Vogue, célèbre homme d'affaires, PDG d'un grand groupe de cosmétiques, charismatique en diable, mais horripilant archétype de burnerie ! Saura-t-elle le faire évoluer pour qu'il exprime autrement sa puissance intérieure, avec plus de justesse et de respect pour autrui ? Une évidence : elle va avoir du fil à retordre. Raphaëlle Giordano est écrivain, experte en créativité et développement personnel. Elle signe ici son deuxième roman, après le best-seller international Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une.

    Un peu comme "ta 2e vie commence..." un nouveau livre de recettes sur le développement personnel, le bonheur impossible, la recherche du bien-être... Bon, bref, un peu trop de clichés et des situations abracadabrantesques...

    Acceptée à Harvard, Cadence Archer décide de s'installer sur le campus alors que ce choix menace de détruire sa famille. Car c'est dans la prestigieuse université que son frère aîné a mis fin à ses jours, l'année précédente, après avoir développé une schizophrénie. Cady ne peut se résoudre à continuer de vivre sans savoir ce qui a poussé cet étudiant de génie à se suicider. Avec pour seul élément un cahier bleu empli des gribouillages obscures d'Eric, devenu paranoïaque et en proie aux hallucinations, elle enquête sur les ultimes mois de sa vie. Plus Cady avance, plus ses soupçons augmentent. Puis, elle-même commence à entendre des voix..

    A éviter 

       

    2 mai 1923. Comme chaque jour, Clemenceau s'installe à sa table de travail. Malgré ses 82 ans, il n'a rien perdu de sa flamboyance ni de son orgueil. À l'aube du XXe siècle, alors que la République l'a remercié, le « Père la Victoire » ignore ce matin-là qu'il se prépare à vivre ses années les plus passionnées. Marguerite Baldensperger, éditrice de quarante ans sa cadette, s'apprête à passer sa porte pour lui proposer d'écrire un livre. Dès lors, leurs destins seront liés. Pourtant, tout les oppose. Elle aussi réservée et discrète que le « Tigre » est colérique et tempétueux. Mais dès leur rencontre, un pacte les unit : « Je vous aiderai à vivre , vous m'aiderez à mourir. » Marguerite surmontera ainsi le grand chagrin de sa vie et reprendra goût à l'existence. Clemenceau puisera dans sa présence une vigueur nouvelle pour le combat politique et retrouvera la fougue de ses anciennes batailles. Malgré les années qui les séparent, ils vont s'aimer, chacun à leur façon.  Par sa plume enlevée, réjouissante et ironique, Nathalie Saint-Cricq fait revivre la grande figure de Georges Clemenceau, son terrible caractère, ses mots d'esprit dévastateurs, et, avant tout, son cœur ardent.

    Ce personnage est singulier, entier et les dernières années de sa vie montrent un vieux monsieur qui n'a pas perdu de son franc parler et de sa vivacité d'esprit ; de sa volonté de vivre, de vivre complètement. La perspective de sa fin, le rend cependant plus philosophe même s'il ne veut pas aborder les moments de sa vie où il a été ignoble. Belle écriture et narration agréable.

     Retrouvé au fond d'un placard et relu... 

    Je me demande comment on peut faire lire une œuvre pareille à des collégiens... la faire jouer...

    En tous les cas, je sais pourquoi ils n'ont pas envie de lire après ça...

    Ancien du 36, désormais en poste à Marseille, Henri Saint-Donat est confronté à son premier « barbecue », règlement de comptes en vogue parmi les trafiquants de la cité phocéenne, qui consiste à enfermer un corps dans le coffre d’une voiture à laquelle on met le feu.
    Flanqué d’équipiers hauts en couleur, le commandant commence l’enquête, mais la piste de la guerre des gangs ne donne rien. Lorsque l’identité de la victime est enfin confirmée, les choses prennent un nouveau tour : Henri a connu cette perrsonne autrefois à Paris, et elle n’avait pas du tout le profil pour finir sa vie dans une voiture incendiée par des dealers marseillais…

    Né en 1966, Christophe Gavat est commissaire divisionnaire, en poste en Guadeloupe. En trente-deux ans de police, il a traversé la France, ces grandes affaires qui vous happent et ces petites du quotidien qui vous marquent. Il a déjà publié deux témoignages et un roman. Son premier livre a été adapté par Olivier
    Marchal pour France 2.

    Des histoires aux accents de vérité ... Environnement et déroulement précis, pros. Ecriture agréable...

       

    Elles sont trois soeurs, nées dans une famille catholique modeste à Aix-en-Provence. Sabine, l'aînée, rêve d'une vie d'artiste à Paris ; Hélène, la cadette, grandit entre son oncle et sa tante, des bourgeois de Neuilly-sur-Seine, et ses parents, des gens simples ; Mariette, la benjamine, apprend les secrets et les silences d'un monde éblouissant et cruel.

    En 1970, dans cette société française qui change, où les femmes s'émancipent tandis que les hommes perdent leurs repères, les trois soeurs vont, chacune à sa façon, trouver comment vivre une vie à soi, une vie forte, loin de la morale, de l'éducation ou de la religion de l'enfance.

    Cette saga familiale, qui nous entraîne de l'après Mai 68 à la grande nuit du 10 Mai 1981, est tout autant une déambulation tendre et tragique dans ce siècle que la chronique d'une époque où les consciences s'éveillent au bouleversement du monde et annoncent le chaos à venir.

    Il fallait le talent de l'auteure de Bakhita pour en saisir le souffle épique et visionnaire, et la justesse intime.

    J'ai adoré Bakhita alors je continue avec V.Olmi. Encore des tranches de vie comme dans "nous étions faits pour être heureux". Mais ici, une autre époque. Un homme et une femme nés juste avant guerre ; qui ont leurs convictions, leurs croyances et qui voient arriver les grands bouleversements des années 60 avec inquiétude. Leurs certitudes sont mises à mal et tout bascule. Olmi maîtrise avec art la description des sentiments, des attentes, des déchirements, des inquiétudes et des petits bonheurs des gens. 

    Vincent sait mieux que personne ce qu'est un secret. Spécialiste des passages dérobés, c'est à lui que les riches et les puissants font discrètement appel pour dissimuler leurs trésors ou s'aménager des issues indétectables. Alors que Paris célèbre l'Exposition universelle et sa phénoménale tour Eiffel, Vincent et son équipe deviennent soudain la cible de tentatives d'assassinat. La mort rôde désormais autour d'eux. Un de leurs clients cherche-t-il à effacer ce qu'ils savent de lui ? Sont-ils traqués par des pouvoirs occultes ? Quelle est cette ombre qui peut les frapper n'importe où, n'importe quand ? Dans une époque bouleversée, confronté à des mystères surgis d'un autre temps, Vincent va tout faire pour déjouer la menace et sauver les siens. Ce qu'il s'apprête à découvrir va faire voler en éclats tout ce qu'il croyait savoir du monde... 

    Un beau récit historique qui change de la production habituelle de G. Legardinier. L'ambiance au temps de l'exposition universelle de Paris est plaisante et les intrigues autour des Templiers et des passages secrets sont bien construites. Il ne manque pas grand chose pour que ce roman soit à la hauteur des sagas de J.Christophe Rufin.

    Prix du meilleur polar jeunesse de Montigny-lès-Cormeilles 2005.

    David vit dans une maison isolée, en pleine montagne, avec une vieille femme dont on comprend vite qu'elle est sa seule famille, famille d'adoption en fait. Sa plus grande crainte est que les autorités compétentes se rendent compte que celle qu'il appelle volontiers "Mamie" n'a plus toute sa tête, et qu'il soit contraint de la quitter. Postée à sa fenêtre, la vieille femme attend depuis des années le retour de son fils, qu'elle n'a pas revu depuis son départ pour la guerre d'Algérie. Aussi, lorsqu'un homme blessé se présente à la porte, elle se persuade que son petit Bernard est enfin rentré... A qui David et la vieille femme ont-ils réellement affaire?

    Ecriture fort différente que celle du "garçon". Ici, le narrateur est ce jeune collégien avec son langage familier. 
    Une petite histoire ....

     
     

    En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu'elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l'écrivain et apprend qu'il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n'a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n'était qu'une machination ? Récit d'une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu'un roman peut bouleverser l'existence de ses lecteurs.

    Une histoire incroyable et une chute vraiment inattendue. On aime toujours l'écriture simple et précise de D.Foenkinos. Pas d'artifice, pas de jeux de mots inutiles, un récit qui avance. On aime ces histoires, ces tranches de vie. 

    - " Vous souffrez probablement d'une forme de routinite aiguë.
    - Une quoi ? "

    Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l'impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu'elle veut, c'est retrouver le chemin de la joie et de l'épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l'y aider, elle n'hésite pas longtemps : elle fonce et repart à la conquête de ses rêves...

    Certains prendront ce livre comme une trousse d'urgence, un livre de recettes ; pourquoi pas après tout ? A chacun de chercher comment vivre mieux ...
    Le bonheur n'est pas loin... il suffit ....

    L'histoire est sympathique mais je reste sceptique sur le rôle de la bibliothérapie ...

    Chef d’État-major des armées sous le quinquennat de François Hollande, Pierre de Villiers a connu un départ mouvementé de ce poste ô combien stratégique. Sortant de son devoir de réserve, il a écrit ce qui l’avait poussé à démissionner dans Servir. Éclairage lucide et sans concession sur l’état actuel des forces de défense françaises, ce témoignage a aussi pour vertu de nous en apprendre davantage sur le lien entre gouvernement civil et officiers supérieurs. Pédagogique et engagée, la confession d’un de nos plus médiatiques généraux a valeur d’éclairage sur l’État dans toutes ses dimensions. 

    C'est annoncé dès le départ, de Villiers ne veut pas polémiquer et rapporter le contenu des ses entretiens avec les politiques. Dommage, on reste donc un peu sur sa faim. Il établit un descriptif des armées mais cela reste factuel. Les observations sur les soldats sont trop brèves, c'est dommage.

       

    Des neiges du Pamir aux ruelles de Kashgar, seule métropole d'Asie centrale à vivre encore à l'heure des Mille et Une Nuits, des interminables déserts du Taklamakan et de Gobi à la Chine des Hans, Bernard Ollivier continue de marcher sur la route de la soie.   Il en arrive, chemin faisant, après être passé sur les traces des anciens fidèles à l'enseignement du Bouddha, à regretter la générosité de l'Islam si familier au voyageur. S'il tire quelques conclusions personnelles et peine à retrouver les repères d'un monde soit-disant moderne, c'est toujours sur le ton pudique et réservé qui donne à son récit l'écho de l'universel...

    Je finis avec le 3e tome...
    Cette route n'est pas jolie, jolie et les belles rencontres de plus en plus rares. Le voyageur avance avec dépit, découragement, lassitude...

    Un pari, un défi doit-il être tenu ?

    Lisez un extrait de Demain j'arrête, le succès de Gilles Legardinier !

    Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ?
    Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu – obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier...
    Mais tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons-nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?

    Avec cette première comédie, Gilles Legardinier – déjà remarqué pour ses deux thrillers L'Exil des Anges et Nous étions les hommes – révèle une nouvelle facette d'une imagination qui n'a pas fini de surprendre. Drôle, percutant, terriblement touchant, son nouveau roman confirme ce que tous ceux qui ont lu un de ses livres savent déjà : Gilles a le don de raconter des histoires originales qui nous entraînent ailleurs tout en faisant résonner notre nature la plus intime. Voici un livre qui fait du bien !

    Jolie petite histoire. Je confirme Legardiner écrit avec finesse et précision ses rôles féminins. 

     

    Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
    Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
    Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

    Un livre aux dialogues impeccables et aux personnages touchants d’humanité. Psychologies magazine.

     

    Très très belle histoire. La fin de l'histoire n'est peut-être pas celle qu'on pense....

     
       

    Faisant suite à "La vie commence à 60 ans" (voir plus bas).

    Bernard Ollivier aura cheminé, la retraite venue, d'un bout à l'autre de l'Asie, d'Istanbul à Xi'an, en longeant l'ancienne route de la Soie. Quatre années passées les chaussures aux pieds, essentiellement à la belle saison, afin de pouvoir franchir les hauts cols d'Anatolie et du Pamir impraticables en hiver.   Quatre années racontées au fil des jours dans un récit qui n'est en rien l'évocation d'un exploit, mais bien le partage d'une aventure humaine rare, par un voyageur émerveillé allant de rencontre en rencontre et qui constate que son projet lui est aussi mystérieux que le monde.

    Après des centaines de km parcourues, on reste dubitatifs. Le bilan ne semble guère positif. Quelques belles rencontres, de beaux paysages mais encore ? La marche à pied serait-elle la clé du voyage heureux, de la retraite réussie ? 

    Des dernières passes du Kurdistan au terrible désert de Karakoum impossible à traverser l'été, de Tabriz, Nichapour ou Téhéran, Bernard Ollivier poursuit sa route.   À dos de chameau d'abord, puis devenu chameau lui-même pour transporter l'indispensable provision d'eau, il continue, sans cesse émerveillé, sa marche vers Samarcande et ses coupoles d'or...

    Je continue avec le second tome mais reste septique. Comme dans le 1er tome, je ne vois pas l'intérêt de suivre une route, même parsemée de caravansérails. Les pays traversés offrent par ailleurs des trésors incroyables alors suivre une voie historique encombrée de poids lourds n'a pas de grand intérêt. De plus, une grande partie de l'attention du marcheur est consacrée au choix du trajet, à la nourriture, la boisson, la sécurité, l'hygiène, le couchage...   

     Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher ?
    Un homme se réveille au fond d'un gouffre, au coeur d'un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d'infortune. Il est enchaîné au poignet, l'un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d'un masque effroyable, qui explosera s'il s'éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s'imposera, impérieuse : jusqu'ou faut-il aller pour survivre ?
    Pour son 10e roman, Franck Thilliez réussit un tour de force dans ce huis clos étouffant et glacial à la fois, ou il joue à décortiquer l'âme humaine confrontée aux situations de l'extrême. Sans jamais épargner son lecteur, manipulé jusqu'à la dernière ligne, et, qui sait, peut-être plus encore...

    Encore une histoire incroyable, un suspense soutenu avec des rebondissements réguliers et un dénouement inattendu.

     

    Le béton armé n'est pas destiné à devenir de facto une œuvre d'art ; pourtant depuis Le Corbusier, on a commencé à y croire. Désormais avec Tadao Ando, on passe à la vitesse supérieure avec des réalisations prodigieuses, surprenantes, avec un brin de mystère (voir mon article sur le château La Coste). Merci AL

    Laura se pose beaucoup de questions. Comment réussir sa vie? Est-il possible de manger tout ce que l'on aime sans prendre dix kilos? Comment trouver l'amour? Trop de doutes pour être heureuse, trop d'envies pour se contenter du banal... Jusqu'au jour où un accident va complètement effacer sa mémoire. La voilà à nouveau débutante face à la vie, obligée de tout redécouvrir : les bonbons, les soutiens-gorges, les garçons, l'électricité et les lois qui gouvernent l'Univers... Libérée des a priori, portée par un coeur affamé et un cerveau qui se cherche, Laura entame une aventure unique et hilarante. En ne sachant plus rien, elle a peut-être enfin une chance de devenir elle-même... Gilles Legardinier confirme brillamment qu'il n'a pas son pareil pour allier le rire à l'émotion. Qui n'a jamais rêvé de tout oublier pour recommencer? Attention : les scènes de cette comédie sont vécues par des non-professionnels, il est vivement conseillé de les reproduire chez vous!

    Excellent divertissement ; ça ressemble à 1 de ces téléfilms américains qui se regardent calé au fond du canapé le dimanche après-midi et qui, sur air de romance et un goût de guimauve nous racontent des histoires du quotidien avec les habituelles thématiques : la vie, la mort, l'amour, les rapports entre personnes. Legardinier écrit parfaitement ses rôles féminins.
    On adore aussi quand les livres d'occasion coûtent 0,90 € !

    Tu épouseras une fille qui n'est pas du village, pas de la région, pas même de notre pays ; elle sera musicienne. » : cette prophétie de l'astrologue, Pikej se la répète depuis toujours pour ne pas sombrer dans le désespoir. Quand on fait partie des intouchables, dans l'Inde des années 70, on assure à peine sa survie, alors le bonheur. Grâce à son talent pour le dessin, Pikej intègre une école d'art à New Delhi et vit chichement de ses portraits croqués dans la rue. Et puis un jour, c'est Lotta von Schedvin qui lui en demande un. Elle est suédoise, s'est toujours sentie attirée par l'Inde et veut devenir professeur de musique. Le coup de foudre est immédiat. Mais Lotta repart en Suède, et il semble improbable qu'ils se revoient jamais. Pikej n'a pas le moindre sou pour prendre l'avion. Qu'à cela ne tienne, il pédalera ! À travers l'Asie centrale et l'Europe, il se lance sans hésiter dans un incroyable périple de 7000 kilomètres à vélo pour la rejoindre. 
     
    Aujourd'hui Lotta et Pikej sont mariés, ont deux enfants et vivent dans une maison de campagne aux alentours de Borås en Suède. Malgré les innombrables obstacles, Pikej a accompli son voyage : tout est possible avec un peu de ténacité et beaucoup d'amour. 

    Per J. Andersson, né en 1962 à Hallstahammar, est un écrivain et journaliste suédois spécialiste de l'Inde, et a déjà publié de nombreux ouvrages sur ce pays. Correspondant et collaborateur de plusieurs journaux suédois depuis plus de 30 ans, il a également fondé le magazine de voyage Vagabond, très connu en Suède. Il séjourne régulièrement en Inde chaque année, et anime le blog Indien Online : https://per-j-andersson.blogspot.fr/

    L'écriture à la 3e personne et la traduction posent un texte sans relief mais le récit historique est très intéressant et le scénario invraisemblable.

                            

     

     

     Non, la retraite ce n'est pas le début de la fin ! Ce n'est pas non plus le consumérisme à outrance de mannequins « seniors » qui courent après leur jeunesse. C'est le début d'une vie enfin libre. Elle est dans le mouvement, l'action, la plénitude. L'occasion rêvée de réaliser des projets longtemps différés, d'être créatif et citoyen.   Bernard Ollivier revient sur la décennie qui fut la sienne depuis qu'il a cessé d'être salarié. Le moins que l'on puisse dire est que le bilan est plus que positif : comme une renaissance, une invitation à le suivre sur ce chemin du temps retrouvé pour soi et pour les autres.

    Sensas, j'ai commandé les 3 volumes sur son voyage...Merci Amélie.

    Le 2 juin dernier, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d’un rêve d’enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour… Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour – sa marque de fabrique – le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu’à sa mission dans l’ISS et son retour sur Terre.

    Une présentation très drôle vraiment. Merci Nouméa. 

     Les 100 000 Malgré Nous alsaciens ont envoyé à leurs familles une quantité innombrable de lettres. Emouvantes, bien rédigées, elles racontent la vie quotidienne, les privations, l'ambiance pesante au travail forcé, sur le front et dans les camps de prisonniers - l'espoir aussi. Cet ouvrage réunit pour la première fois 130 de ces lettres, traduites, commentées et richement illustrées. Le livre-événement en cette année de commémoration, 70 ans exactement après le décret instituant l'incorporation de force. 

    Merci AL

    Le destin tragique de Marcel Grob, jeune Alsacien de 18 ans, enrôlé de force en juin 1944, dans la Waffen SS. Philippe Collin et Sébastien Goethals se basent sur l'histoire vraie d'un de ces "malgré nous" pour raconter comment et dans quelles conditions ces jeunes Alsaciens furent incorporés et durent combattre dans la SS. 

    Une bande dessinée en noir et blanc ou sepia sur un sujet grave.

    Merci à la personne qui m'a envoyé cet article ! 

    Il s'agit d'un roman qui se déroule en pleine période révolutionnaire, et raconte comment les juifs de France accèdent à la citoyenneté. On y suit le personnage de Théodore Cerf, un petit orphelin juif devenu une figure des Lumières.

    Le Livre des égarés démarre à la fin du XVIIIe siècle, sur une scène de pogrom dans un village d'Alsace. Il raconte l'histoire de l'accession des juifs de France à la citoyenneté française, conduite par le personnage de Théodore Cerf, un petit orphelin devenu une figure des Lumières.
    Ce roman se passe sur fonds de l'antisémitisme de toute une société et d'une concurrence entre les juifs pauvres venus de l'Est de France et des riches juifs bien établis à Paris et à Bordeaux.
    C'est l'histoire de cette marche vers la justice, l'intégration, la dignité, et de la réconciliation entre les juifs et les chrétiens que nous conte François Debré dans ce très beau livre.

    Magnifique roman historique qui se lit d'une traite. Une écriture agréable (sans le vocabulaire historique toujours fastidieux) et une histoire prenante. Merci Gene.

    Lire ici, la présentation dans les DNA

    Un guide pour un prochain voyage...

    Merci AL


    Je suis preneur d'informations pour un périple sur les côtes.



    La neige, qui ne l'a, dans sa vie, vue, sentie, touchée, écoutée, attendue, rêvée ? Elle est la muse de ce livre. Elle réunit des écrivains et des peintres d’origines diverses qui se sont attachés à la représenter, la percevoir, l’interpréter, en s’y donnant corps et âme. Mais le sujet est sans fin… Aussi, ce sont les circonstances, plus que la raison, qui ont dicté le choix des textes et des images, lorsqu’un trait d’union pouvait s’établir entre eux. Sur l’immense panorama de la neige sont alors apparues des pages gaies, douloureuses, drôles, hostiles, sensuelles, spirituelles… Chacun pourra y retrouver sa propre petite musique de la neige. Avec ses notes blanches ou noires, la complicité du temps, elle est une berceuse, une ronde enfantine, une balade romantique, une épopée guerrière, une quête mystique, une aventure lointaine, une glissade, un éclat de rire…

    Trois femmes, trois âges, trois amies que les hasards de l'existence et les épreuves ont rapprochées dans un lieu comme aucun autre. Trois façons d'aimer. Aucune ne semble conduire au bonheur. Séparément, elles sont perdues. Ensemble, elles ont une chance. Accrochées à leurs espoirs face aux tempêtes que leur réserve le destin, avec l'énergie et l'imagination propres à celles qui veulent s'en sortir, elles vont tenter le tout pour le tout. Personne ne dit que ça ne fera pas de dégâts... Fidèle à son humanité et à son humour, grâce à son regard unique fait de sensibilité et d'un exceptionnel sens de l'observation de la nature humaine, Gilles Legardinier nous entraîne cette fois au cœur d'une troupe réjouissante, à la croisée des chemins. 

    Ecriture alerte, vive, rafraîchissante après les noirceurs de Franck Thilliez .
    Je ne connaissais pas Legardinier avant cet article : de l'Alsace

    La Ferme des animaux  est un roman court de George Orwell, publié en 1945. Découpé en dix chapitres, il décrit une ferme dans laquelle les animaux se révoltent, prennent le pouvoir et chassent les hommes. Il s'agit d'un apologue écrit sous la forme d'une fable animalière, mais également d'une dystopie. Dans ce roman, Orwell propose une satire de la Révolution russe et une critique du régime soviétique, en particulier du stalinisme, et au-delà, des régimes autoritaires et du totalitarisme.
    Une fable curieuse.

    A éviter

    affaire fillon lecture politique lecture genevoix

    En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, sa mère rwandaise et sa petite soeur, Ana, dans un confortable quartier d'expatriés. Gabriel passel e plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays »d'Afrique brutalement malmené par l'Histoire.
    Merci ma boîte aux lettres magique.

    Superbe livre sur une histoire tragique.

    J'ai aimé le livre de F. Hollande, j'ai adoré ceux de N. Sarkozy mais là… pas du tout. J'ai l'impression de revenir 40 ans en arrière. Des "amis" se fréquentent et font des plans ensemble.  Ce n'est qu'une succession de repas et de parties de chasse entre anciens de la même  (haute et renommée) école. Ils parlent chasse, voiture, grands vins et affaires. Beurk ! Si vous n'aimez pas F. Fillon au départ, il y a de fortes chances pour que vous ne l'aimiez pas plus à la fin du livre. Et il n'y a aucune personne qui vous semblera sympathique dans ce lot…Les enfants auraient pu paraître sympathiques mais on s'aperçoit qu'ils pensent comme le père et qu'ils méprisent les Français; j'ai été choqué de lire que la fille dise : "les français ne vous méritent pas..." Waouh, on est des veaux pour cette jeune gamine... écœurant. Fillon pourrait passer pour une victime, un type abattu mais non ! Pas de chaleur, pas de sentiments. L'écriture de ce journaliste y est pour quelque chose. Il veut entrer dans ce monde et veut adopter les codes et habitudes, aller à la chasse, boire du bon vin, rouler en Audi...mais ça ne fait pas un bon livre pour autant...J'ajouterai que de nombreuses coquilles n'ont pas été corrigées.. incroyable.
    En ce qui concerne le mystère, vous n'appendrez rien de plus... Aucune explication, aucun justificatif… la vérité est à mille lieues… 

    C'est de circonstance (son entrée au Panthéon en novembre 2020 pour parachever les commémorations du centenaire de la 1ère guerre).

    On suit au jour le jour les déplacements de la section de M.Genevoix avec les détails de l'inorganisation de l'armée française. 

    Si l'auteur est prestigieux, je préfère le texte de Dominique Richert (Cahier d'un survivant) qui est est plus précis avec un texte saisissant

     Autres lectures, ici.

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