• Témoignage

    Dans le journal l'Alsace

    Un Malgré-nous malgré lui qui, à 96 ans, tient à faire perdurer la mémoire des 103 000 Alsaciens et 31 000 Mosellans contraints par un décret du 25 août 1942, d’effectuer leur service militaire dans l’armée allemande.

    80 ans après, cette date résonne encore comme un coup de massue dans la mémoire de Louis Mutschler. Envoyés sur le front Russe, beaucoup ont fini au camp de Tambov et un tiers d’entre eux ne sont jamais revenus.

    Beaucoup ont gardé le silence pendant des dizaines d’années

    Il aura fallu attendre fin 1945 pour que les rescapés retrouvent leur terre natale. Le traumatisme face aux atrocités vécues étant tel que beaucoup ont gardé le silence pendant des dizaines d’années. Ce fut le cas de Louis Mutschler, qui depuis peu, a décidé de témoigner en posant ouvertement la question « Pourquoi nous a-t-on laissés à notre triste sort aussi longtemps ? ».

     

    80 ans après, Louis Mutschler témoigne en mémoire des incorporés de force

    Comme chaque 1er  novembre à Hindisheim, la commune rend hommage aux victimes et disparus des conflits passés. Cette année, dans le cadre du 80e anniversaire des incorporés de force de la Seconde Guerre mondiale, Louis Mutschler a témoigné.

    Témoignage

     
     
    Louis Mutschler, un ancien Malgré-nous, a témoigné de l’enfer vécu et a souhaité que cela ne se reproduise plus jamais.  Photo DNA

    Il se souvient de ce mois de janvier 1945 où il a été fait prisonnier par les Russes qui lui ont tout pris. Il a juste eu le temps de ramasser une photo de sa famille. Marchant avec de la neige jusqu’aux genoux et dans un froid glacial, il a été conduit avec ses compagnons d’infortune au camp de Wolkowisck.

    « Vers le 10e jour, on a dû se contenter d’une à deux tranches de pain sec »

    « Les 30 et 31 janvier étaient les deux jours des plus durs : beaucoup de prisonniers sont tombés dans la neige pour ne plus jamais se relever et ces morts remplissent la liste des disparus. Au camp, avec un camarade de Colmar, j’étais obligé d’apporter la soupe aux officiers allemands prisonniers comme nous. Au milieu d’une nuit, une grande fusillade éclata : c’était la nuit du 8 mai, la fin de la guerre. On nous a emmenés dans un camp de rassemblement pour être répartis. Le voyage devait durer une quinzaine de jours dans des wagons à bestiaux. Vers le 10e jour, on a dû se contenter d’une à deux tranches de pain sec, puis plus rien à se mettre sous la dent, uniquement un seau d’eau lors de nos arrêts en gare. Je me demande encore aujourd’hui comment je suis arrivé à faire les 5 km de la gare de Rada au camp 188. »

    « Étant reconnu apte au travail, je faisais partie du commando du bois qui sortait dans la forêt couper du bois avec des outils préhistoriques et ramener ce bois au camp pour la cuisine. En août, j’ai eu le typhus. J’ai survécu en pensant à ma chère maman. Je n’avais pas le droit d’abandonner la lutte car j’avais un devoir envers ma famille qui m’attendait. Le 29 octobre 1945, je suis rentré à la maison pour apprendre la plus mauvaise nouvelle : la mort de ma maman. Cette nouvelle a ruiné toute ma joie du retour de l’enfer de la guerre et de la captivité. Cette guerre a coûté la vie à environ 55 millions d’êtres humains, hommes, femmes et malheureusement des enfants. Je lance un appel aux générations futures de tout faire pour sauver la terre et pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus jamais ».

    Témoignage


    À la cérémonie du 1er novembre

    Les Hindisheimois sont venus nombreux, assister à la cérémonie durant laquelle un hommage a été rendu à deux compagnons de la Libération, Laure Diebold-Mutschler, secrétaire de Jean Moulin et Auguste Kirmann, né à Hindisheim, et dont une rue portera son nom. Les musiques patriotiques Le chant des partisans, la Marseillaise et L’hymne européen ont été interprétées par Musique Espérance Saint-Etienne.

    Deux enfants, Diego et Hugo, ont lu les noms des 50 personnes originaires de Hindisheim et décédées ou disparues lors des deux dernières guerres mondiales et lors de la guerre d’Algérie. Après le dépôt de gerbes par les sapeurs-pompiers et Pascal Nothisen, premier magistrat de la commune, puis par les anciens combattants, la cérémonie s’est terminée par l’interprétation de la chanson Il faudra leur dire de Francis Cabrel par les enfants et les chorales, comme un appel à la tolérance et à l’espoir.

    « Balade en Forêt NoireOù partir Quand ? »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :