• Le site néolithique de Choirokoitia, occupé du VIIe au IVe millénaire av. J.-C., est l'un des sites préhistoriques les plus importants de la partie orientale de la Méditerranée. Les vestiges retrouvés lors des fouilles ont permis d'en savoir plus sur l'évolution de la société humaine dans cette région si importante à cet égard. Le site n'a été que partiellement fouillé, et constitue donc une réserve archéologique exceptionnelle pour les recherches futures.

    Les fouilles ont montré que l’établissement était composé de maisons circulaires, construites en brique crue et en pierre, avec des toits plats, et qu'il était protégé par des murs successifs. Un système architectural complexe donnant accès au village a été découvert au sommet de la colline. La réalisation d'une construction aussi impressionnante, selon un plan préconçu, reflète un effort collectif important, dont on connaît peu d’exemples similaires au Proche-Orient, et suggère une organisation sociale structurée capable de construire et d'entretenir des ouvrages de grande échelle pour le bien commun.

     

    Chaque maison était composée de plusieurs bâtiments circulaires équipés de foyers et de bassins, disposés autour d'une petite cour où se déroulaient les activités domestiques.  Les maisons appartenaient aussi bien aux vivants qu’aux morts, enterrés dans des fosses sous les sols en terre battue. On y a découvert de nombreux objets comme des outils en silex, des outils en os, des récipients en pierre, des restes végétaux et animaux, et de remarquables statuettes anthropomorphes en pierre (et une en argile), qui témoignent, ainsi que les rituels funéraires, de l’existence de croyances religieuses complexes.


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  • Bon là, je ne suis plus trop sûr de mon chemin; la petite opel est sur la ligne de crête...

    Chasse à la clé pour la première église...


    Wouahhh tout simplement. Une petite merveille !

    L'église de la Sainte-Croix (Timios Stavros) d'Agiasmati est le seul bâtiment qui subsiste de l'ancien monastère fondé à la fin du XVe siècle. Au sud de l'église, les emplacements des anciennes cellules des moines sont encore visibles. L'origine du mot Agiasmati vient d'agiasma, terme qui désigne en grec une source d'eau ou fontaine sacrée. Il pourrait s'agir plus précisément de l'agiasma de l'église Sainte-Marie-Hodigitria de Constantinople, ce qui tendrait à penser que le monastère a été fondé par des réfugiés d'Asie Mineure arrivés ici après la prise de la ville par les Ottomans en 1453. Construite en pierre et couverte d'un toit à double pente en tuiles de bois, l'église a été érigée vers 1494 grâce à la donation d'un prêtre nommé Petros Peratis, ainsi qu'en atteste l'inscription au-dessus de l'entrée nord. Sur le mur extérieur sud, le prêtre et sa femme Pepani (chez les orthodoxes, seuls les moines font voeu de célibat) sont représentés en train de placer l'église entre les mains de Jésus. 

    On connaît ici l'artiste qui a décoré toute l'église. Son nom figure au-dessus de l'entrée sud : Philippos Goul, un Syrien orthodoxe qui a aussi oeuvré dans l'église Agios Mamas à Louvaras. L'intérieur, de dimensions modestes (9,50 x 3,70 mètres), est entièrement peint - y compris les solives et les poutres - de représentations du Nouveau Testament. Le style est particulièrement intéressant, puisqu'il mêle l'art naïf local, le courant iconographique byzantin de la période des Paléologues et l'esthétique de la Renaissance italienne. 

    L'influence latine est notamment perceptible dans la scène de Crucifixion (pignon du mur ouest), avec la présence de quatre anges tournant autour de la croix. La représentation de la sainte Croix, qui donne son nom à l'église, n'apparaît que sous forme de miniature reléguée dans l'arc aveugle du mur nord. Plus étonnant, il s'agit des scènes de l'Invention et de l'Exaltation de la Croix, thèmes courants en Occident mais très rares dans l'iconographie byzantine. 

    Des peintures extérieures sont également encore visibles sur les murs ouest et sud, avec notamment la représentation du Jugement dernier.

    Enfin, le plus bel exemple de l'esthétique naïve locale est le majestueux saint Mamas assis sur le dos d'un lion à la morphologie hasardeuse (anthropomorphe), une figure très populaire dans la peinture religieuse chypriote du Moyen Âge.

    La seconde église se trouve à Lagoudera, à 20 mn (si on ne se perd pas). L’église du XIIe siècle se situe juste à l’extérieur du village de Lagoudera et s’enorgueillit de posséder quelques-unes des plus belles fresques du style Comnénien tardif (1192). Elle est considérée comme étant l’une des plus importantes églises byzantines de l’île.

     

    Pas de GPS à Chypre, des panneaux plus ou moins nombreux alors l'aide du pope pour nous mettre sur la route de la seconde église est la bienvenue.

    Le bâtiment semble énorme et pourtant l'église protégée par un toit immense est bien petite.

     

    Ouf, elle est ouverte !

    16 h, juste le temps de filer à Kourion...


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  • kourion chypre schnoebelen

    A l'ouest de Limassol, cette ville fondée au 12e siècle av. J.-C, est une ancienne cité-royaume. Le site de Kourion a été peuplé des prémices de l'Antiquité à ceux du Moyen-âge. S'il possède de superbes mosaïques antiques (dont les plus belles datent du 5e siècle), c'est avant tout son amphithéâtre gréco-romain de 2.000 places, grandiose face à la Méditerranée, qui en est l'élément le plus emblématique.

    Les vestiges de l'agora, des bains publics, de la Maison d'Eustolios, de la Maison des Gladiateurs et de la Maison d'Achille sont avec l'amphithéâtre, les principaux monuments hellénistiques du site archéologique où se dresse également une basilique byzantine du début de l'ère chrétienne (5e siècle). Même les moins intéressés par l'archéologie, prendront plaisir à arpenter ce site. Pour les vestiges bien conservés, pour les mosaïques ou ne serait-ce que pour la vue magnifique que l'on a sur la mer, notamment depuis les gradins du théâtre antique. Un très bel endroit, même pour les plus allergiques aux vieux cailloux.

    Les thermes et la maison d'Eustolios. A l'est du théâtre et de sa tour d'escalier s'étendent les murs d'une construction palatiale du Ve siècle après J.-C. La zone des bains, spacieuse et confortable, semble indiquer qu'il s'agirait là de thermes publics. Une inscription fragmentaire dans la mosaïque indique le nom de l'architecte de ce «frais refuge à l'abri du vent»: Eustolios. En outre l'inscription fait référence à Apollon, dieu protecteur de la Kourion paÏenne. Mais une autre inscription encore - contemporaine de la première - indique le nom du Christ.

    L'élément le plus fastueux de l'installation est un dallage de mosaïque admirablement conservé dans la salle principale. La  femme qui incarne la Créativité (Ktisis) est remarquablement belle. Elle tient, représentation d'une jeune femme dans la main droite, une règle qui correspond exactement à la longueur du pied romain. Non moins fascinante est la partie de la mosaïque qui représente une perdrix entourée d'oiseaux et de poissons.

     

     

    La maison d'Achille.

    kourion chypre schnoebelen

    La maison des gladiateurs. Le sol de deux salles de cette ancienne villa est orné de scènes de combats de gladiateurs. Les couleurs de ces mosaïques sont dans un état de conservation exceptionnel.

    Autour des vestiges d'une cour à ciel ouvert, étaient groupées des chambres précédées d'une galerie couverte protégeant le beau dallage de mosaïque du IVe siècle avant J.-C. Cette mosaïque représente une scène qui a lieu à la cour du roi Lycomède : Achille, déguisé en jeune fille, est reconnu par Ulysse (lui-même déguisé en marchand).

    17 heures, le site est désert. La vue est tout simplement magnifique.


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  • lac sale chypre schnoebelen

    Au sud de Larnaka, à proximité directe de l'aéroport s'étend l'un des deux lacs salés de Chypre.

    Le fond du Grand Lac (superficie 6 km2) est situé à 2-3 mètres au-dessous du niveau de la mer. Lorsque l'eau s'est évaporée, au mois d'août, il reste une croûte de sel de 5 à 10 cm d'épaisseur. Celle-ci était déjà ratissée dans l'Antiquité. La production annuelle de 3 500 tonnes de sel a valu à Larnaka, à l'époque des Lusignan, le nom de Salina.

    En hiver, les eaux de pluie sont recueillies par le lac qui devient séjour de prédilection des oiseaux migrateurs et des flamants roses.

    Selon la légende, le lac devrait sa naissance à la malédiction de Lazare. Une vigne s'élevait à l'emplacement du lac lorsque le saint homme débarqua de Judée.

    Comme il avait soif et faim, il alla s'adresser à la propriétaire de la vigne la priant de lui donner quelques grappes de son raisin. Avare, la femme lui répondit par un mensonge: . Étranger, vois-tu, ma vigne a séché cette année et n'a pas produit une seule grappe ».

    Lazare lui dit alors: «Puisque tu m'as menti, que ta vigne se dessèche et se transforme en lac salé. »

    Sur la rive du lac salé s'élève une oasis de palmiers, d'eucalyptus et de cyprès; au milieu des arbres se dresse une mosquée. Le minaret que l'on aperçoit de loin au-dessus du bouquet d'arbres exotiques, est celui du Tekké de Hala Sultan, l'un des lieux saints de l'Islam. 

    A l'époque de la domination turque, tous les bateaux de l'empire ottoman qui passaient au large du tekké, en signe de respect, mettaient leur pavillon de berne. Le tekké abrite le mausolée d'Umm Haram, tante présumée du prophète Mahomet. Selon la tradition Umm Haram serait tombée de mulet alors qu'elle suivait une expédition arabe en 647, et aurait brisé son cou d'albâtre , puis elle aurait rendu au ciel son âme intrépide . Le tombeau actuel date de 1760 ; la mosquée fut pour sa part érigée en 1816.

    Le village n'est qu'à 6 km au sud du Grand Lac salé. L'église Panayia Angeloktistos (littéralement. construite par les anges») est un édifice impressionnant du Xe siècle; le narthex a été ajouté à l'époque des Lusignan. Le mosaïque dégagée dans l'abside en 1952 atteste, entre autres, de l'existence, sur ce lieu, d'une église plus ancienne encore.

     Cette mosaïque byzantine, que l'on peut attribuer au VIe siècle, est d'une rare qualité (digne selon certains auteurs des mosaïques de Ravenne). Elle représente la Vierge et l'Enfant Jésus. Ce dernier élève le bras droit dans un geste de bénédiction. Les deux archanges penchés vers la Vierge, Michel (à gauche, en partie endommagé) et Gabriel, portent le sceptre et le globe surmonté d'une croix; leurs ailes sont en plumes de paon.

    Le monastère de Stravrovouni (30 km, alto 690 m) Sur le dernier sommet oriental du mont Troodos s'élève le monastère de Stravrovouni ( montagne de la Sainte-Croix ), que l'on voit de très loin. Sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, aurait en 327 fondé ce monastère, le plus ancien de Chypre, à l'emplacement d'un temple d'Aphrodite. Aujourd'hui les croyants y vénèrent une relique, morceau de la vraie croix du Christ et un morceau de la croix du larron repentant. La fondatrice les avait rapportés de Judée, et en les donnant au monastère de Stravrovouni, elle en faisait le plus important des lieux de pèlerinage de l'île

    Les murs de l'édifice monacal, conçu comme une forteresse, furent - tel qu'on le voit aujourd'hui construits en majeure partie au XIXe siècle. Le monastère est alimenté par l'eau de quatre citernes; quelque 15 moines y vivent encore qui offrent volontiers un rafraîchissement aux visiteurs et pèlerins altérés. Le monastère est accessible aux femmes le dimanche seulement.

    Depuis la terrasse située derrière l'abside on jouit d'un panorama inoubliable. La vue plonge en effet jusqu'à Larnaka et sa baie, situées à quelque 30 kilomètres de là.

    Le voyageur qui choisira de traverser Pyrga, enfouie dans une oliveraie, pour aller de Larnaka rejoindre la route Nicosie-Limassol ne regrettera pas de s'être accordé le détour pour visiter la chapelle royale de Ste Catherine. Il faudra, comme bien souvent, trouver la clé de l'édifice en appelant le numéro de téléphone inscrit sur la porte.

    Selon toute vraisemblance, le roi Janus (catholique romain) aurait fait construire cette église en 1421 et l'aurait fait décorer par un peintre autochtone orthodoxe. Aussi les fresques sont-elles entièrement byzantines par le style, mais émaillées ça et là d'éléments occidentaux comme, par exemple, telles inscriptions rédigées en français médiéval.

    Sur l'une des peintures murales, hélas en mauvais état de conservation, on voit Janus et son épouse, la reine Charlotte, au pied d'une scène de crucifixion en partie endommagée. D'autres scènes sont représentées: la Cène, la Résurrection de Lazare, l'Entrée du Christ à Jérusalem, la Mort de la Vierge.

     


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