• Les cimetières figurent rarement au sommaire des guides de voyage; ce n'est pas très vendeur, ça ne fait guère rêver... Mais ignorer ces lieux serait une erreur. Je vous invite ici à en parcourir quelques-uns.

    Ces instants passés à parcourir ces allées vous apporteront bien des surprises. J'y vois différents intérêts : certains cimetières sont situés dans des endroits incroyables comme à Bonifacio, à Istanbul ou au HWK.  Face à la mer, à flanc de coteau ou au sommet d'une colline vosgienne, le point de vue est quelquefois imprenable, unique.

     D'autres, comme celui de Sapanta, en Roumanie a été façonné par par les mains d'un artisan ou plutôt d'un artiste.

     Commençons donc par celui-ci...

    La vie de chacun est illustrée et parfois racontée en quelques mots; la vie de la bonne mère de famille, du paysan travailleur, du robuste bûcheron etc... Parfois, la chronique rapporte les événements du décès, un accident de la circulation, une chute...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Voici celui de Bonifio en Corse

     

    Aux dernières heures du jour, les calvaires se détachent nettement sur les teintes flaves puis mordorées de la méditerranée.

     En Alsace les cimetières ne manquent pas. Ceux du 1er et du second conflit mondial sont accrochés aux douces pentes des Vosges; les croix s'y alignent comme les troncs des sapins de leurs futaies. 
    Ici, le cimetière du HWK ou Hartmannswillerkopf.

    Les jeunes hommes tombés ici n'ont pas profité de la superbe vue sur la Forêt Noire et les Alpes.

    "Ils ne vieilliront pas, comme nous qui restons : Ils ne seront pas accablés par l'âge, ni condamnés par les années. Mais chaque matin, comme à chaque coucher du soleil, nous nous souviendrons d'eux..."

     


    Au cœur de la crypte, creusée dans la roche, dans une salle carré ornée de quatre colonnes cannelées, sorte de caveau, se trouve l’ossuaire, où sont rassemblés les restes de soldats inconnus.

    A son entrée deux statues en bronze, représentant des Victoires ailées, œuvre d’Antoine Bourdelle (1925) se font face. Un portail ouvragé en fer forgé, exécuté par Unselt, porte les mentions « ad lucem perpetuam »

     

    Derrière Soultzmatt, le cimetière des Roumains. 

     

     

    Dans la vallée de Munster, le site du Linge.

     

    Le Linge est un champ de bataille de la guerre 1914-1918, où un affrontement particulièrement meurtrier eut lieu entre le 20 juillet et le 15 octobre 1915, qui fit 17 000 morts.

    "Des hommes englués dans la boue des boyaux, piétinant les corps méconnaissables des morts de la veille, accrochés aux barbelés, aveuglés par les gaz, brûlés aux lance-flammes, assommés par les obus, déchiquetés par les grenades, hachés par les mitrailleuses, tour à tour perdus dans le brouillard, tannés par le soleil ou mordus par les rigueurs de l’hiver vosgien, c’est le combattant du Linge, la jeunesse des 18, 19 et 20 ans de 1915, sur son calvaire."

     

    Sur le paisible coteau de Ribeauvillé, repose la communauté des sœurs enseignantes congréganistes de la Divine Providence. S'y trouve également, sœur Raphaëlla née Schnoebelen.

    Dominant toute la Vallée d’Orbey, le cimetière allemand du Linge est localisé au lieu-dit du Bärenstall, un carrefour le long de la route des crêtes, après le collet du Linge en direction de Labaroche.

    Sous son couvert forestier, il regroupe les sépultures de 2 460 soldats allemands tombés à la Tête des Faux et au Linge. Parmi les 1518 victimes inhumées dans des tombes individuelles comportant une croix en fonte, 40 sont inconnues. Six tombes sont de confession juive et sont surmontées d’une stèle funéraire en pierre naturelle au lieu d’une croix. Il comporte également un ossuaire monumental encadré de deux colonnes massives en blocs de poudingue où reposent 942 morts dont 516 inconnus.

    Situé sur les contreforts de la Corne d'Or, le cimetière d'Eyüpun bénéficie d'un environnement de choix...Il est possible de gravir la colline jusqu'au café Loti en passant dans le cimetière ou alors de monter avec le téléphérique et de descendre à pied; solution plus sage...

     

     

     

    Pour une fois, les stèles sont d'une grande variété de formes.

     

    Le cimetière des Uhlans. Une trentaine de tombes sont rassemblées à cet endroit. C'est un des rares cimetières existant encore au HWK. Les autres ont été transférés dans les différents cimetières militaires des alentours. Les tombes, toutes surmontées d'une stèle en pierre, entourent un monument commémoratif dédié aux tuées du 9K LIR 56 érigé en mai 1916. Le cimetière a été récemment restauré par l'armée allemande.

     

     Ce petit cimetière est original, ces quelques tombes sont garnies de pierres singulières et ornées de symboles variés. 

     

     

     

     

     La végétation engloutit régulièrement ces humbles pierres et efface les traces de ces jeunes hommes.

    Un peu plus bas : le monument du cimetière du camp Mollendorf

     

    Cette fois, direction Hoctun au Yucatan (Mexique)

     Dans les cimetières mexicains, la couleur inonde l'espace.

     

    La couleur est plutôt inhabituelle chez nous. 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Après ce déferlement de couleurs, direction la Pologne avec ses petites églises de bois ceinturées de modestes cimetières.

     

     On trouvera dans ce pays, une grande ferveur, une pratique régulière de la foi, des églises remplies...  

     

     Après la Pologne, passons juste à côté en Roumanie.

     

     Là aussi, nous avons assisté à de belles scènes de ferveur d'une autre époque.

    Route par la vallée de Mara à la découverte de l’une de plus authentiques régions du pays : le Maramures, aux villages préservés avec de belles églises en bois et aux portails sculptés.

     

     

     On y voit souvent des femmes ou des jeunes gens en train de rafraîchir les tombes en fin de journée.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Du côté de la Bucovine, à Humor nous assistons à un enterrement. 

    Le cercueil est transporté ouvert jusqu'au cimetière.

     


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  • Salins-les-Bains est une ville du Jura dans la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle s'étend au fond de la vallée de la furieuse, un affluent de la Loue. Elle possède une histoire glorieuse due à un passé industriel florissant de production de sel !

    Si la ville a compté jusqu'à 8 500 habitants, aujourd'hui elle n'en a que 3 000. Labellisée cité de caractère de Bourgogne-Franche-Comté, elle s'est reconvertie dans d'autres secteurs : la santé, le thermalisme et le tourisme. Ici, le restaurant, salle de spectacles et salle de jeux conçu par les architectes Malcotti et Roussey.

    L'inscription de la grande saline de Salins-les-Bains sur la Liste du Patrimoine mondial de l'Unesco en 2009 en extension de la Saline Royale d'Arc-et-Senans a permis de faire connaître la cité. Ici, l'entrée de la grande saline. S'il fait plus de 35 degrés à l'extérieur, dans les galeries souterraines, on ne dépassera pas 12 degrés. L'architecture des nouveaux bâtiments en acier corten, acier auto-patiné à corrosion superficielle est magnifique et bien adaptée au site.

    Ce n'est pas une mine à proprement parler, on n'extrait pas de matériau mais de l'eau salée est captée puis évaporée pour en extraire le sel. Différentes techniques se sont succédées dans le temps pour puiser puis pomper cette saumure.

    Pour pratiquer l'évaporation de ces saumures, pendant plusieurs siècles, le bois a servi de combustible. Mais pour des raisons calorifiques et économiques le charbon fut adopté au début du XIXe siècle.

    La salle des poêles où l'eau est chauffée pour en extraire le sel après évaporation et qui permet d'imaginer les conditions de travail des sauniers.

    En 1775, la saline d'Arc-et-Senans est édifiée par l'architecte visionnaire Claude-Nicolas Ledoux. Deux saumoducs (conduites en bois puis en fonte) longs de 21 km sont mis en place pour acheminer les eaux faiblement salées de Salins jusqu'à la Saline Royale pour y être traitées. 

    Concurrencée par le froid (pour la conservation), la saline fermera ses portes en 1895.

    L'après-midi direction Arc-et-Senans; Nous passons Beure puis Mouchard et arrivons dans ce village. L'entrée en impose dans ce petit coin bourguignon.

     

    Et voilà ce bâtiment hors du commun mais qui a bien failli disparaître.

    Le site en demi-cercle est surprenant mais s'explique par l'organisation du travail du sel.

    Un bâtiment est consacré aux maquettes de cet architecte, Claude-Nicolas Ledoux, au grand talent dont il ne reste que très peu de réalisations (détruites par la révolution, le feu ou l'urbanisme).

     


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